L’ASPAS attaque “Le Chasseur Français” pour diffamation

L’ASPAS attaque “Le Chasseur Français” pour diffamation

Un article sordide mis en ligne le 10 novembre 2023 sur le site du magazine Le Chasseur Français, aligne les mensonges à l’égard des activités de l’ASPAS, accusant notamment notre association de maltraitance animale à Valfanjouse, un ancien enclos de chasse racheté fin 2019 dans le Vercors. Rédigé par la plume agressive d’Isabelle Leca et agrémenté de photos d’animaux morts récupérées sur la banque d’images “Shutterstock” pour un effet encore plus sensationnel, l’article est faux dès son titre et diffamatoire à bien des égards. Devant tant de contrevérités, d’insinuations et d’accusations gravissimes, l’ASPAS annonce engager ce mardi 5 décembre une action pénale à l’encontre du média Le Chasseur Français.  

En attendant que la justice passe, voici déjà des éléments de réponse pour rétablir quelques vérités et prouver la bonne foi de l’ASPAS qui, rappelons-le, s’est engagée depuis 2019 dans un ambitieux projet de rachat et de démantèlement d’un enclos de chasse – une première en France !

Une vraie réunion... et un faux compte-rendu

L’article incriminé se base sur des propos mensongers prétendument issus d’une réunion d’information qui s’est tenue le 3 mars 2023 à la mairie de Léoncel, commune sur laquelle est situé le parc de Valfanjouse.

C’est pour expliquer, voire associer les acteurs locaux au projet de sanctuaire porté par l’ASPAS que nous avons initié cette réunion, en y conviant la Mairesse Mme Jacqueline Charve et ses adjoints, ainsi que le président de l’association de chasse locale, Patrick Vassal. Le jour J, nous découvrons avec surprise la présence du vice-président de la Fédération des chasseurs de la Drôme, Michel Sanjuan. Si des notes ont pu être prises ce jour-là par les différents participants, aucun compte-rendu officiel n’a été rendu suite à la réunion, l’échange se voulant tout à fait informel et non décisionnel.

Au cours de la réunion, la vétérinaire engagée par l’ASPAS a pu faire un état des lieux détaillé et transparent sur la situation des animaux sauvages toujours présents dans l’ancien enclos. Outre la réussite quasi-totale des opérations de stérilisation, le déplacement d’une partie des daims vers un autre parc de vision, il a été question de Metastrongylus sp, un parasite qui a entrainé la mort naturelle de certains sangliers (rien à voir avec la parvovirose mise en avant dans l’article).

Les problèmes sanitaires qu’engendrent les enclos de chasse sont connus de l’Office Français de la Biodiversité, et l’ASPAS les a détaillés dans son enquête “Carnage derrière le grillage” révélée en 2019. L’ASPAS est confrontée aux mêmes problèmes que tout propriétaire d’enclos de chasse, mais le problème est bien l’enclos et non l’ASPAS qui demande l’interdiction de ces espaces sources de problèmes sanitaires pour les animaux sauvages, et écologiques pour le milieu naturel.

Aucun registre sur la provenance des animaux de Valfanjouse

Dans le monde opaque des enclos de chasse, dont l’ASPAS a révélé les horreurs dans son enquête en infiltration en septembre 2019, il faut savoir qu’aucun contrôle sanitaire n’est imposé pour les animaux à leur arrivée dans un parc ou enclos*. De fait, à Valfanjouse, aucun contrôle sanitaire sur les sangliers dont on ignore totalement la provenance n’a été semble-t-il réalisé par les chasseurs. À part quelques factures retrouvées sur l’achat d’animaux provenant d’élevages ou d’autres parcs, aucun registre des animaux présents ni aucun document sur leur état sanitaire n’a été retrouvé. Faute de tests, il est tout à fait possible que des sangliers aient déjà été porteurs de ce parasite avant d’être importés par les chasseurs à Valfanjouse.

Depuis la fin 2021, après que l’ASPAS a obtenu l’autorisation de les capturer et de les stériliser, les animaux de l’ancien enclos sont identifiés et suivis par une vétérinaire. Des tests sanguins sont régulièrement effectués et communiqués aux autorités compétentes.

Aucune maltraitance décelée par la préfecture

Pour traiter les sangliers porteurs de Metastrongylus sp, il faut les vermifuger, et c’est ce qu’a fait la vétérinaire une fois que l’ASPAS a finalement obtenu l’autorisation de nourrir les animaux dans le cadre d’opérations de capture et de stérilisation. Rappelons en effet que dans un enclos de chasse, la loi interdit de nourrir les animaux sauvages ; malgré le grillage, un enclos est toujours considéré comme un milieu naturel où les animaux sauvages trouvent eux-mêmes leur nourriture.

L’ASPAS n’a jamais parlé de “parvovirose”, et elle n’a jamais parlé de “cannibalisme” des sangliers non plus… Notre vétérinaire rejette en bloc toutes les citations erronées que lui prêtent Le Chasseur Français, et nous renvoyons nos détracteurs vers la conclusion du rapport vétérinaire rendu par la DDPP** lors de son contrôlé effectué le 7 juillet 2022 :

“Lors de notre visite du 07 juillet 2022, nous n’avons pas décelé de signes directs ou indirects de mauvais traitement des animaux observés (sangliers, mouflons, cervidés). Les animaux présentaient un bon état physique (pouvant être mis en lien partiellement probablement avec le nourrissage) et un comportement normal ou en voie d’habituation à la présence humaine.”

Un “élevage de gibier”... qui n’en est pas un

Concernant l’accusation, par ailleurs, selon laquelle l’ASPAS aurait demandé l’autorisation d’ouvrir un “élevage de gibier” pour compenser les pertes d’animaux, c’est ne rien comprendre à notre projet de sanctuaire pour ongulés sauvages qui visait à sauver les animaux menacés par un arrêté d’abattage (lire ici), et c’est surtout méconnaître la réglementation d’un sanctuaire, différente de celle d’un élevage de gibier et qui interdit formellement toute activité de reproduction !

Enfin, sur le fait que l’ASPAS aurait oublié, “discrètement, de reboucher les trous dans les grillages de l’enclos” pour laisser s’enfuir les animaux, c’est une insinuation particulièrement grave et en totale contradiction avec l’accusation concernant la malnutrition des animaux : si vraiment l’ASPAS, association 100% indépendante mais légaliste, laissait des trous dans la clôture, pourquoi les animaux ne se sont pas échappés pour trouver leur nourriture hors de l’enclos ?

Les attaques du Chasseur Français sont tellement grotesques qu’elles s’auto-annihilent. Et si vous vous demandez pourquoi il leur a fallu plus de 8 mois pour alerter sur la maltraitance animale que ferait subir l’ASPAS à ces animaux, on trouve une étrange coïncidence : la parution de l’article survient au moment où l’ASPAS annonce qu’il n’y aucun cerf hybride dans l’enclos et que la préfecture donne son feu vert pour la construction du sanctuaire !

L’ASPAS ne peut revenir sur l’ensemble des allégations reprises par ce média, mais entend bien les dénoncer point par point dans le cadre des poursuites pénales engagées. L’association et l’ensemble des personnes qui ont soutenu et soutiennent encore le projet “Vercors Vie Sauvage” peuvent être fières d’avoir permis d’éviter de nouveaux massacres aux fusils dans cet ancien enclos de chasse.

Malgré quelques aléas (confinements, tempêtes…), tous les moyens ont été mis en œuvre pour rétablir lors du rachat de l’enclos en 2019 une situation gravissime tant au regard de la loi (état des clôtures, suivi sanitaire, etc.) qu’au regard du respect des animaux sauvages.

fake-chasseur

* Un décret paru le 20 octobre 2022 oblige désormais les gérants d’enclos de chasse à davantage de transparence en encadrant enfin les informations qu’ils doivent fournir (en savoir plus

** DDPP : direction départementale de la protection des populations

Pour aller plus loin :

Contact presse : presse@aspas-nature.org 

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