Pour protéger leurs 6000 faisans, les chasseurs vident le Montmorillonnais de ses prédateurs

Pour protéger leurs 6000 faisans, les chasseurs vident le Montmorillonnais de ses prédateurs

Au total d’ici 2021, 6000 cocottes d’élevage auront été relâchés dans plusieurs communes de la Vienne. Interdiction aux chasseurs d’y toucher avant… 2025. D’ici là, le carnage à l’encontre des renards, fouines, martres et corvidés va aller bon train. Les chasseurs se vantent de protéger les milieux… En fait ils ne font qu’aménager leurs terrains de jeu.
Au risque de se répéter, mais il faut que cela se sache partout en France où les chasseurs déclarent faire une bonne action pour l’écologie : s’ils effectuent des réintroductions de “gibier” (perdrix, faisans, lièvres…) dans le cadre de programmes de repeuplement, ce n’est pas par souci de préserver la biodiversité, c’est simplement pour pouvoir tirer ces animaux, dans quelques années, par plaisir.

L’article que nous venons de découvrir dans La Nouvelle République, annonçant le lâcher de 6000 faisans autour de Montmorillon (86) est un modèle dans son genre. On commence par dire que c’est pour “implanter durablement l’espèce”, en interdisant sa chasse jusqu’en 2025. Mais très vite on reconnait que l’objectif est de reconstituer une population “au profit des chasseurs de petit gibier.”

Il s’agit donc d’une réintroduction intéressée, qui “profite” aux adeptes des fusils, qui vont juste devoir attendre un peu avant de les chasser.

Et bien sûr, afin que l’opération “repeuplement” soit un succès, les chasseurs font pression pour avoir le droit d’éliminer tout prédateur naturel qui viendrait leur barrer le chemin en s’attaquant à leurs petites cocottes exotiques : renards, corvidés, fouines, martres. “Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts” ?  Non, simples animaux sauvages qui obéissent à leur nature intrinsèque qui est celui de chasser pour survivre.

Le fait qu’ils en lâchent de telles quantités démontre bien que ces oiseaux d’élevage sont inadaptés à la vie sauvage (lire à ce propos notre enquête “De la cage au carnage“). D’ailleurs, les chasseurs ont prévu de les nourrir pendant plusieurs mois…

Merci à la presse régionale de diffuser au grand jour ces précieuses informations cynégétiques, qui permettent aux associations de dénoncer la vaste supercherie du monde de la chasse qui prétend œuvrer pour la biodiversité, alors que le but recherché est toujours, que ce soit à court ou à moyen terme, d’assouvir une passion qui consiste à massacrer des animaux sauvages totalement innocents !

Cette information nous parvient quelques jours après la polémique suscitée par un “repeuplement” de faisans similaire par les chasseurs d’Île-de-France, financé à l’aide d’une subvention publique de 57 500 euros accordée par le Conseil régional, présidé par Valérie Pécresse.

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