Malgré 65% d’avis négatifs, la France donne son feu vert au massacre de millions d’animaux sauvages

Malgré 65% d’avis négatifs, la France donne son feu vert au massacre de millions d’animaux sauvages

Commençons par les bonnes nouvelles. En 2015, seulement 2000 commentaires avaient été déposés sur la plateforme de consultation publique pour le précédent projet d’arrêté sur le classement des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ». En 2019, il y en a eu… 53 853 ! Un sursaut citoyen nettement marqué par une opposition à ce nouveau projet d’arrêté, dont le but est de renouveler pour 3 années supplémentaires l’autorisation de « destruction » (c’est le terme officiel) de renards, putois, belettes, martres, fouines, pies, geais, étourneaux sansonnets, corbeaux freux et corneilles noire, et ce, sans tenir compte de leur état de conservation.

L’appel à mobilisation lancé par l’ASPAS, à travers notamment sa campagne photo « Je suis en voie de destruction », a permis de sensibiliser de nombreuses personnes étrangères à l’existence de ce classement des animaux autrefois qualifiés de « nuisibles », une liste noire qui octroie un permis de tuer aux chasseurs et piégeurs agréés pour « détruire » des millions d’animaux au motif qu’ils nuisent aux activités humaines.

Cette nette victoire de l’opinion publique est le signe d’une époque de plus en plus sensible à la souffrance animale, à l’urgence de la protection de la biodiversité, et de l’évolution générale des mentalités humaines vers davantage d’empathie et de respect du vivant, sous toutes ses formes.

Hélas. Malgré 65% d’avis négatifs émanant de citoyens soucieux de préserver la nature, l’État français persiste et signe : jusqu’en 2022, ce sont à nouveau près de 2 millions d’animaux sauvages* qui vont pouvoir être « détruits » par tir, piégeage ou déterrage.

Seule modification apportée au texte, pleine d’hypocrisie : la prise en compte de la « souffrance animale » dans l’exercice du déterrage, avec l’interdiction de capturer des renards par des chiens pour « limiter les souffrances des animaux qui sont capturés »… Or les déterreurs avouent eux-mêmes qu’ils ont du mal à contrôler leurs chiens engouffrés dans les terriers, et quand bien même les chiens ne s’attaqueraient pas aux animaux pris au piège sous terre, ces derniers continueront dans tous les cas à endurer des heures de souffrance psychologique et de stress intense.

L’ASPAS, qui se bat depuis presque 40 ans pour les animaux sauvages et en particulier les mal-aimés, réitère son opposition à cet arrêté mortifère et regrette profondément que l’État préfère encore, en 2019, se ranger derrière les lobbies chasse et agricole, sans tenir compte des études scientifiques qui n’ont de cesse de démontrer l’inutilité de la destruction illimitée d’espèces animales autochtones. Ces destructions portent par ailleurs atteinte aux équilibres écosystémiques et sont à l’origine de souffrances eu égard aux modes d’abattage et aux périodes d’abattage autorisées (pièges non sélectifs et mutilants, déterrage pour le renard, abattage en période d’élevage des jeunes, etc.).

Concernant cet arrêté, l’ASPAS demande toujours :

  • l’interdiction du déterrage du renard,
  • l’arrêt total du piégeage et du tir de la belette et du putois dans les rares départements qui l’autorisent encore,
  • l’interdiction de tuer les animaux pendant la période d’élevage des jeunes,
  • la reconnaissance du rôle bénéfique de toutes ces espèces dans les écosystèmes et vis-à-vis des activités humaines,
  • une refonte de la procédure de classement qui est une instruction à charge menée par les chasseurs et dont les données sont invérifiables,
  • l’impossibilité de tuer ces espèces pour satisfaire les intérêts liés à la chasse,
  • la mise en œuvre de méthodes alternatives à la destruction pour toutes les espèces,
  • l’impossibilité de tuer un animal sauvage si aucun dégât important n’a été causé à proximité, et de manière générale, l’impossibilité de tuer ces animaux dans les zones où aucun dégât n’est susceptible d’être commis.

* Estimation réalisée à partir des bilans de piégeage réalisés au cours de la saison 2015-2016 sur 97 % des départements

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