Devenir piégeur, c’est simplet, nocif et répugnant

Devenir piégeur, c’est simplet, nocif et répugnant

piege110Bien qu’il ait bien vite retiré le terme « amusant »*, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a signé un article intitulé « Devenir piégeur, c’est simple, utile et amusant… » dans la rubrique « Réglementation de la chasse » de sa dernière lettre d’information. Une façon bien légère de présenter une activité aussi lourde de conséquences sur notre patrimoine naturel… L’ASPAS a envoyé une lettre dénonçant cet état d’esprit aux responsables de l’ONCFS, et rappelle la réalité.

Simple ? Oui, assurément ! Et même un peu « simplet ».
En effet, pour obtenir son agrément de piégeage, une personne doit suivre une formation de 16 heures seulement, au terme desquelles aucun examen n’est organisé, ni même un simple contrôle des connaissances !

Comme le rappelle l’ONCFS dans la fiche mise en cause, l’agrément de piégeage n’est même pas obligatoire dans certains lieux, et pour certaines espèces !

Utile ? Surtout aux loisirs des chasseurs…
Alors que, conformément aux textes réglementaires, les piégeurs sont censés intervenir ponctuellement pour remédier à un problème identifié, ils se présentent aujourd’hui comme les incontournables régulateurs de la faune sauvage, faute de prédateurs. Et c’est du grand n’importe quoi, car ces prédateurs sont eux-mêmes la cible des pièges !

putois-piege2L’objectif avéré de cette activité reste la volonté de réduire la prédation que subit le gibier des chasseurs, mécontents de voir leurs cocottes d’élevage inadaptées à la vie sauvage se faire croquer trop rapidement plutôt que succomber à leurs balles.

Le piégeage pourrait être qualifié d’ « utile » par les intéressés s’il se contentait d’intervenir aux abords immédiats des activités les plus sensibles. Malheureusement, une fois classées « nuisibles », la plupart des espèces peuvent être piégées en n’importe quel lieu, indépendamment des activités et des dégâts commis ! Et les piégeurs ne se privent pas…

Amusant ? Sûrement pas pour l’animal pris au piège…
Comment la douleur d’un être sensible peut être amusante ? Rappelons que de nombreux animaux domestiques et des espèces protégées sont également victimes de ces pièges non sélectifs, dont certains ont pour finalité de tuer l’animal capturé. Peu de raison de se réjouir d’une telle activité…

L’ASPAS agit depuis 30 ans contre ces destructions absurdes et brutales de notre patrimoine naturel pour le plaisir de quelques-uns, et elle a déjà obtenu des avancées. Elle s’insurge aujourd’hui qu’un établissement public censé participer à la conservation de ce patrimoine naturel présente et encourage une telle activité de façon aussi légère et éloignée des réalités.
À travers sa campagne « Non aux pièges tuants ! » lancée en 2012, l’ASPAS demande l’interdiction définitive de leur utilisation au ministère de l’Écologie, afin que plus aucun piège tuant ne puisse être tendu en pleine nature ou proche de nos maisons.

* Suite à de nombreuses réactions, l’ONCFS a modifié l’intitulé de son titre. Mais les rédacteurs ont bien trahi leur véritable état d’esprit, et malgré ce ravalement de façade personne n’est dupe.

Si vous ne l’avez pas déjà fait,
signez la pétition en ligne pour demander l’interdiction des pièges tuants

Télécharger la lettre de l’ASPAS envoyée à l’ONCFS

Télécharger la lettre de la SFEPM envoyée à l’ONCFS

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