Pour une relation pacifiée avec les ours

Pour une relation pacifiée avec les ours

Suite à une attaque d’ours qui a tragiquement coûté la vie à un jeune Italien le 5 avril dernier, l’ASPAS tient à exprimer son émotion aux proches de la victime mais aussi à rassurer : de tels accidents sont extrêmement rares, et plus les humains connaîtront les ours et leurs comportements, plus rares encore seront les accidents.

Le 5 avril dernier, dans les Alpes italiennes (Trentin), Andrea Papi a été tué par une ourse alors qu’il courait, seul, en soirée, sur un sentier de montagne. C’est le premier drame du genre à survenir en Europe de l’Ouest depuis plus d’un siècle.

L’enquête a révélé que l’ourse en cause est une femelle âgée de 17 ans, nommée JJ4, et qu’elle a déjà été responsable d’une attaque sur un homme et son fils, en juin 2020. A l’époque, alors que les autorités voulaient d’abord l’abattre, JJ4 s’était finalement vue équiper d’un collier GPS afin de pouvoir étudier son comportement, mais la batterie s’est vidée et sa trace a été perdue.

Cette tragédie, liée à une seule ourse problématique, suscite une émotion compréhensible compte-tenu de son caractère exceptionnel. Mais elle ramène surtout à nos responsabilités et à nos connaissances sur la faune sauvage et la nature en général. Tiques, moustiques, foudre, chutes d’arbres, avalanches… Dans la nature, tout est potentiellement dangereux, mais c’est par la connaissance de son environnement que l’on parvient à réduire au maximum les risques qui planent en tout temps sur nous.

Mieux connus, les ours seront mieux vus

Tous, et surtout chacun, que savons-nous de l’ours, des ours ? Connaissons-nous les zones où ils vivent précisément en France ? Avons-nous idée des comportements précis à adopter en zone à ours et en cas de rencontre avec le plantigrade ? Et que faisons-nous pour partager ces informations et recommandations sur ce sujet ?

C’est un fait : l’ours, de par sa taille et sa puissance, impressionne, mais la probabilité qu’il tue un humain est extrêmement faible. Les rares confrontations survenues en France, ces dernières décennies, ont principalement concerné des chasseurs dont la présence a été perçue comme une menace par les animaux. Ce mécanisme de défense est d’ailleurs propre à bon nombre d’animaux sauvages.

L’ours est le plus grand mammifère d’Europe, un animal puissant qui mesure 1 mètre au garrot et pèse entre 80 et 300 kg : cela nous met déjà en alerte sur le rapport de force en cas de rencontre.

Sa vue est moyenne, mais il entend très bien et son odorat est excellent. Comme il nous entend de loin, faisons un peu de bruit pour signaler notre présence, il s’éloignera.

Un animal farouche et à 80% végétarien

L’ours brun est un animal solitaire, plutôt nocturne, et il y a réellement un partage du territoire puisqu’il parcourt les sentiers la nuit quand nous les avons quittés. Mais au crépuscule, ou le matin tôt, il est encore sur les sentiers, il faut le savoir. En conséquence, parcourir seul les sentiers aux heures matinales ou crépusculaires est imprudent, c’est un comportement à risque. Mieux vaut sortir à 2 ou plus, et en milieu de journée, quand l’ours s’est retranché.

L’ours est un omnivore opportuniste qui mange surtout des végétaux, plantes, herbes, racines, myrtilles glands, mais aussi des charognes, des larves, et il chasse occasionnellement la faune sauvage ou domestique.

Les femelles donnent naissance à 2 ou 3 oursons qu’elles élèvent pendant un an et demi et qu’elles protègent très farouchement. Rencontrer une femelle et ses oursons est redoutable, car elle va les défendre et éloigner l’intrus par une charge d’intimidation. Tous les moyens seront bons pour sauver sa progéniture. Dans cette situation dangereuse, gardons notre sang-froid, éloignons-nous lentement et parlons calmement. C’est très important, car l’animal comprendra que ses oursons ne sont pas menacés.

L’ours est un animal craintif et paisible. S’il perçoit notre présence, il s’éloigne pacifiquement. Présentons-nous, signalons-nous calmement, car l’ours a peur, lui aussi. Cependant, s’il est surpris ou apeuré, ses réactions sont à la hauteur de sa puissance : il peut charger à 60 km/h, gravir les pentes et monter aux arbres. Quand il se dresse sur ses pattes arrière, c’est par curiosité, pour capter plus largement les odeurs et informations de son environnement.

Où l'ours vit-il en France ?

Autrefois, l’ours vivait sur tout le territoire, dans toutes les forêts, son lieu de prédilection, là où il peut se nourrir, s’abriter, se reproduire et élever ses petits.

Aujourd’hui, 76 ours vivent en France, uniquement dans les montagnes des Pyrénées. Dans ce massif, il se répartit entre les montagnes du Béarn, où vivent quelques individus, et les Pyrénées centrales (Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne et Ariège) où vivent plusieurs dizaines d’ours.

En Ariège, la zone du Couserans accueille une trentaine d’ours car les femelles y ont trouvé les zones favorables à l’élevage de leurs oursons. C’est une zone où il convient, plus que partout ailleurs, d’être informé et de respecter les consignes sur les comportements à adopter en présence d’ours.

Que faire en cas de rencontre avec un ours ?

Nous sommes tous tétanisés d’avance : et si je rencontrais un ours ?… Alors informons-nous !

Les services de l’État mettent à disposition un livret intitulé “Les Pyrénées avec l’ours brun” (à télécharger ici en PDF) qui apporte des informations générales sur l’espèce Ursus arctos et des recommandations sur la conduite à adopter en cas de rencontre avec un ours.

Si nous partons en montagne, en zone à ours, emmenons nos connaissances sur l’ours tout comme nous emmenons notre gourde. Misons sur l’information, la prévention et la prudence !

Conscients de la présence du monde sauvage autour de nous, conscients de la responsabilité que nous avons envers nous-même et envers l’ours, gardons à l’esprit que nos rencontres avec la grande faune sauvage peuvent être apaisées.

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