Manifestation contre les Réserves de Vie Sauvage® : l’ASPAS ne se laissera pas intimider !

Manifestation contre les Réserves de Vie Sauvage® : l’ASPAS ne se laissera pas intimider !

La Fédération Départementale Ovine, les Jeunes Agriculteurs et la Fédération Départementale de la Chasse de la Drôme, et d’autres, ont appelé à manifester le 21 août à Crest contre les Réserves de Vie sauvage® (RVS) de l’ASPAS. L’ASPAS est à ce jour propriétaire de 700 hectares de zones naturelles dans le département. L’objectif de ces RVS est de protéger la biodiversité qui rend notre vie à tous possible.

Les raisons et arguments avancés par les organisateurs de cette manifestation sont les suivants :

“L’ASPAS compromettrait l’agriculture et le pastoralisme”

Faux : l’ASPAS n’est propriétaire que de 700 ha de terrains dans la Drôme, soit seulement 0,1% de la surface du département ! Ce ne sont que des zones naturelles, elles n’englobent aucun terrain cultivé. Elles sont constituées essentiellement de zones boisées, sans aucune activité pastorale préexistante

Dans le même temps, 2 000 ha de terres agricoles disparaissent chaque année dans notre département au profit de constructions et de zones commerciales sans susciter le même émoi chez ces acteurs ruraux.

Réserve de Vie Sauvage® du Grand Barry dans la Drôme (© R. Collange/ASPAS)

L’ASPAS mettrait sous cloche de la nature”

Faux : les RVS sont ouvertes au public. C’est au contraire une libération de la nature pour le bien de tous. En effet la nature évolue, elle n’est pas figée, et ces îlots de vie biologique lui permettent de s’adapter aux bouleversements climatiques. Chacun et chacune pourra s’y promener en toute sécurité, sans craindre de chasse à proximité.

L’ASPAS participerait volontairement à la prolifération du loup et des nuisibles”

Faux : les arrêtés de tir du loup sont pris par le Préfet y compris sur des terrains privés, de même que pour les nuisibles (battues administratives). De plus, de nombreuses études scientifiques démontrent qu’un prédateur ne peut pas proliférer.

L’ASPAS financiariserait et s’accaparerait la nature”

Faux : l’ASPAS achète ses terrains à des propriétaires privés. Les terrains sont destinés à être ouverts au public alors que pour certains ils étaient interdits d’accès voire clôturés. Une association d’utilité publique qui représente la société civile achète un terrain à un particulier (la dernière acquisition dans le Vercors a mobilisé 20.000 donateurs) pour le rendre accessible à tous : nous sommes dans le partage citoyen, donc à l’opposé de l’accaparement.

L’ASPAS ferait flamber les prix du foncier”

Faux : les achats se font aux prix du marché et les dossiers sont suivis de près par la SAFER qui a une mission de contrôle de ces prix et n’a rien trouvé à redire sur ces acquisitions

Puisque les motifs revendiqués pour cette manifestation sont tous faux ou mensongers, comment expliquer la colère de cette partie du monde agricole qui n’est pas forcément représentatif de la profession ?

Nous savons bien que l’ASPAS, et les associations de protection de la nature, sont le bouc-émissaire de filières en crise (notamment la filière ovine) et de pratiques qui sont légitimement questionnées par la société (agriculture industrielle, chasse). Pour autant, cette manifestation n’a fait qu’attiser une polémique inutile au lieu de rechercher des solutions et des points de convergence.

Réserve de Vie Sauvage® du Trégor dans les Côtes d’Armor (© M. Rubin/ASPAS)

De son côté, l’ASPAS multiplie les échanges et partenariats avec des agriculteurs, vignerons, forestiers et organisations agricoles pour promouvoir des méthodes d’exploitation durables et respectueuses du vivant. Nous avons besoin d’exploitations en harmonie avec la nature et de zones sauvages préservées. C’est la meilleure façon de garantir la résilience de nos terres pour l’avenir, et de sauvegarder un patrimoine naturel riche pour les générations futures.

L’ASPAS, dont l’objet social est la protection du vivant pour les générations présentes et futures, regrette profondément l’incompréhension et la colère que provoque son projet chez certains acteurs de la société. Le rapport de 2019 des scientifiques de l’IPBES est pourtant sans appel : 1 million d’espèces végétales et animales sont en danger d’extinction, et 75% des environnements terrestres sont « sévèrement altérés » par les activités humaines.

Il ne s’agit pas pour l’ASPAS de réensauvager chaque recoin de France, ou de la Drôme, mais de garantir à la nature un maillage d’espaces vraiment protégés, alliés à des formes d’exploitations forestières non violentes, des agricultures paysannes hospitalières pour la vie sauvage, au sein d’un projet de société sobre et solidaire.

Garantir à la nature des espaces protégés sur le long terme, c’est en faire profiter l’ensemble de la communauté du vivant, dont fait partie intégrante l’espèce humaine.

L’ASPAS demande ainsi de pouvoir poursuivre sereinement son action d’intérêt général et propose à toutes les personnes ayant manifesté le 21 août dernier, de mieux se renseigner sur sa démarche de création de Réserves de Vie Sauvage® : https://aspas-reserves-vie-sauvage.org/

Pour mieux comprendre l’historique :

Voir l’appel à manifester des acteurs ruraux 
Voir l’article du Dauphiné Libéré
Voir le droit de réponse de l’ASPAS

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