Loup abattu en Haute-Marne : l’ASPAS saisit la justice !

La préfète n’aura pas trainé : le 2 avril, au lendemain de l’entrée en vigueur des nouvelles règles de destruction des loups en France, des “tirs de prélèvement” (= battues aux loups) ont été autorisés jusqu’au 14 avril sur 11 communes du département, donnant lieu à l’abattage scandaleux d’un des rares loups évoluant en Haute-Marne… Aux cotés 4 autres associations*, l’ASPAS a déposé un recours devant le tribunal de Châlons-en-Champagne.


Parmi les mesures graduelles prévues par la nouvelle réglementation anti-loup, qui fait suite au déclassement de l’espèce décidée au niveau européen, la préfète de la Haute-Marne est allée directement choisir la pire d’entre-elle : le tir de prélèvement, autrement dit la chasse aux loups !  

Cette décision purement politique (pour rappel, c’est dans ce département que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a dévoilé son plan diabolique pour tuer plus de loups…) ne vise qu’à s’acheter la paix de certains éleveurs qui refusent de cohabiter avec le grand prédateur. Comme on s’acharne à le répéter depuis 35 ans, tuer des loups ne changera rien au problème de la déprédation tant que les troupeaux ne seront pas correctement protégés ! 

De véritables battues aux loups 

Loin de se limiter à assurer la défense des troupeaux, les tirs de prélèvement permettent aux agents OFB, louvetiers ou simples chasseurs mandatés, de rechercher activement un ou plusieurs loups en vue de les abattre, quel que soit leur âge ou leur sexe… 

Et contrairement à ce que laisse entendre la préfète dans son communiqué du 15 avril, publié à la suite de l’abattage d’un loup, les tireurs n’ont pas besoin d’attendre que l’animal soit “en posture d’attaque” pour le tuer dans le cadre d’un tir de prélèvement. S’ils le souhaitent, ils peuvent le traquer sur tout le territoire des 11 communes concernées par l’arrêté. En effet, l’objectif, avec ce type de tirs, n’est plus de défendre un troupeau, mais bel et bien de tuer un loup ! 

Un arrêté clairement abusif 

Le printemps est une période de très grande fragilité pour les loups – reproduction, mise bas et élevage des jeunes – c’est pourquoi tout tir de prélèvement autorisé avant le 1er juillet doit être justifié par des “circonstances exceptionnelles” et des “dommages répétés”, selon l’article 18 de l’arrêté du 23 février 2026.  

En d’autres termes, ce type de tir ne peut intervenir qu’en cas d’augmentation extraordinaire des déprédations en comparaison des années précédentes, et d’échec des tirs de défense autorisés autour des troupeaux.

Or, dans ce cas précis, en aucun cas il y a lieu de parler de “circonstances exceptionnelles” étant donné que seules 7 opérations de tirs de défense ont été autorisées en 2025… et qu’aucun tir n’a effectivement été mis en œuvre ! 

Par ailleurs, si l’on compare le nombre d’attaques survenues en 2025 avec celles recensées en 2026, aucune augmentation statistique n’est à déplorer. En aucun cas peut-on donc parler de “hausse soudaine” des déprédations.  

Bref, pour nos associations il est évident que cet arrêté est abusif et qu’il a été pris sous la pression des syndicats agricoles qui ne veulent pas entendre parler de la présence des loups dans leur département. Nous avons donc saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour demander son annulation définitive ! 

Un jeune mâle tué dans la nuit du 13 au 14 avril…    

Selon nos informations, un seul loup a été tué dans le cadre de l’arrêté contesté par nos associations. Il s’agirait d’un jeune mâle, possible membre de l’unique famille recensée en Haute-Marne. Une famille au patrimoine génétique très rare, fruit de l’union inédite d’un mâle de lignée italienne et d’une femelle de lignée germano-polonaise. En effet, depuis quelques années, des loups en provenance d’Europe de l’Est arrivent naturellement en France, via la Belgique et l’Allemagne, et commencent à se reproduire avec les loups de souche italienne revenus dans l’Hexagone via les Alpes au début des années 90. Officiellement, seules deux reproductions de loups de ces deux lignées sont documentées en France : celle de Haute-Marne et celle, très médiatisée, du plateau de Millevaches, où l’ASPAS mène également des actions pour leur protection. 

* One Voice, LPO, ASPA Vosges et Education Ethique Animal 

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