Les chasseurs, “1ers parasites de France” ?

Les chasseurs, “1ers parasites de France” ?

Lundi 15 février, nous apprenions que la Fédération Nationale des Chasseurs avait été condamnée pour « parasitisme » à l’égard de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) : en imitant la communication des écologistes, la FNC a été reconnue coupable de vouloir s’approprier des valeurs qui ne sont pas les siennes et de tromper l’esprit du grand public. Ce jugement est une bonne nouvelle pour toutes les associations de protection de la nature qui agissent concrètement et de façon désintéressée pour la sauvegarde de la biodiversité.   

Un lâcher de faisans dans la nature, photographié fin 2020

Avec des effectifs vieillissants et des pratiques sanguinolentes qui n’attirent plus vraiment les jeunes générations, la Fédération Nationale des Chasseurs tente désespérément depuis quelques années de stopper l’hémorragie de leur déclin inéluctable, à coups de millions d’euros dépensés sur des campagnes de pub ridicules et des supports de communication malhonnêtes et provocateurs.

C’est en 2018 que la stratégie de « verdissement » de la chasse et de conquête de nouveaux publics a véritablement débuté, avec une campagne d’affichage volontairement provocatrice dans le métro parisien dont tout le monde a retenu le slogan collector : « Les chasseurs, 1ers écologistes de France ? ».

Extrait de la campagne de la FNC dans le métro parisien

C’est précisément suite à cette campagne que la FNC vient d’être condamnée pour « parasitisme » à l’égard de la LPO. Le juge a en effet estimé que les chasseurs ont volontairement imité ses supports de communication « dans un but d’appropriation des valeurs qu’elle défend, voire de pied-de-nez » à l’association (vraiment) écologiste.

Après cette campagne-choc, les chasseurs ont attendu l’été 2020 avant d’en remettre une couche en lançant en grand pompe leur tout nouveau site Internet, sur lequel ils promeuvent une vision totalement édulcorée de la chasse sans la moindre goutte de sang. Ici, point de vidéo montrant la réalité des élevages de gibier ou de la chasse en enclos, mais de belles photos de verdure et des petites vidéos totalement hors-sujet, comme celle montrant une petite mésange qui reçoit la becquée… De plus, sur la page présentant les espèces chassables, une erreur d’identification visuelle de l’une d’entre-elles avait sérieusement décrédibilisé leur soi-disante action écologique !

Cartouches de chasse ramassées dans la nature

Ensuite, à l’ouverture de la saison de chasse 2020-2021, une série de 8 clips a été lancée sur Internet avec de vrais acteurs, de l’humour douteux et des scénarios totalement farfelus pour tenter de séduire de nouveaux publics. Devant tant de ridicule, le « bad buzz » a été immédiat et le lobby chasse s’est ramassé l’ironie du grand public en pleine gibecière !

Plus récemment, enfin, une brochure luxueuse titrée « La chasse, cœur de biodiversité » et imprimée sur papier glacé a été envoyée semble-t-il début janvier à tous les élus municipaux des communes rurales de France, accompagnée d’une petite carte et « les compliments du président Willy Schraen ». Une propagande honteuse qui occulte tout ce que la chasse comporte au contraire de néfaste pour la biodiversité et que dénonce l’ASPAS depuis des années (dérèglement des écosystèmes par l’abattage des petits prédateurs considérés comme “nuisibles“, pollution des sols due au plomb, chasse de nombreuses espèces pourtant menacées, parcs et enclos de chasse, lâcher d’animaux élevés pour la chasse, etc.)

Cette condamnation judiciaire est une bonne nouvelle pour toutes les associations de protection de la nature qui sont dans une démarche vraiment écologiste de protection des espèces et des espaces.

Déterrage de blaireau © Mélès

Il sera intéressant de voir désormais quelle nouvelle stratégie de communication la FNC va adopter pour promouvoir le loisir de la chasse en France. Pour Willy Schraen, leur président, « la chasse a besoin d’être expliquée ». Très bien ! On est impatient de comprendre l’intérêt, pour la protection de la biodiversité, du massacre de 600 000 renards par an, des millions de faisans et de perdrix élevés en cage comme « chair à canon », des cerfs noyés ou achevés à la dague après des heures de traque jouissive, de l’abominable déterrage de blaireaux ou encore de la chasse à la glu qui piège et tue des oiseaux protégés.

L’ASPAS, qui vient de consacrer dans son magazine Goupil tout un dossier aux témoignages des victimes de la chasse, attend aussi des explications sur le comportement abusif et dangereux de nombreux chasseurs qui pourrissent littéralement la vie des Français installés à la campagne, entre les insultes, les animaux domestiques plombés, les balles qui traversent les maisons, et les véritables tragédies, comme la mort en décembre 2020 de Morgan Keane, un jeune homme de 25 ans confondu avec un sanglier pendant qu’il coupait du bois au fond de son jardin.

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