Ils l’ont surnommé Claude. En faux gentils protecteurs de la biodiversité, ils posent tout sourire à côté de l’animal, sans leurs fusils. Dans le département du Nord, les chasseurs ont piégé un renard pour l’équiper d’un collier GPS et le relâcher dans la nature. Une opération qui “respecte les règles strictes de bientraitance animale”, précise la Fédération 59 dans un communiqué, passant évidemment sous silence le massacre massif et permanent perpétré à l’encontre de cette espèce qui subit, en plus de la chasse à tir, le déterrage, le piégeage, la chasse à courre et même parfois des battues administratives…

Pourquoi épargner – temporairement – la vie de ce renard-ci ? Pour aucune raison scientifique. Il s’agit seulement, pour les chasseurs, de prouver la culpabilité de Claude et donc de tous les renards, accusés de prédater les perdrix grises et autres “petits gibiers” de leurs tableaux de chasse.
Il faut en effet replacer Claude dans son contexte. Pour les autoproclamés “1ers écologistes de France”, nos campagnes ne sont autres que de grands terrains de jeux morbides où sont relâchés, chaque année, des milliers d’animaux issus d’élevages pour la chasse.
Pour pratiquer leur passion dans les meilleures conditions, les chasseurs s’affairent à créer des habitats pour protéger leurs futurs petits trophées, ils leur mettent à disposition de l’eau, des points de nourrissage artificiels… Surtout : ils tuent tout ce qui pourrait venir prédater leurs petits “protégés” et nuire à leur funeste loisir. Un renard qui leur volerait une perdrix ? Pan ! Une fouine qui embarquerait un œuf de faisan ? Pan pan ! Une buse variable qui s’en prendrait à un lapereau ? Pas pan, puisque le rapace est protégé… Mais il ne l’a pas toujours été, et la tentation reste forte de le tirer, pour bien des braconniers, comme en témoigne les nombreux oiseaux plombés recueillis chaque année dans les centres de soins.
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Pour en revenir au malheureux Claude, qui s’est établi sur un territoire agricole bien pauvre en biodiversité, les données issues de son collier GPS risquent d’être utilisées contre lui et ses congénères. Si elles prouvent la moindre prédation, les chasseurs s’en serviront pour justifier le classement ESOD des renards et continueront à proférer leur dicton préféré à l’encontre de cet éternel mal-aimé : “un bon renard est un renard mort”.
Il est pourtant connu qu’en tuant un nombre illimité de renards et autres prétendus “nuisibles”, les chasseurs et les piégeurs perturbent les équilibres naturels et nuisent à la biodiversité. Les renards, notamment, sont d’excellents chasseurs de campagnols qui peuvent détruire les cultures agricoles. C’est ce que relève, entre autres, le rapport de l’IGEDD publié fin 2024, qui recommande d’abandonner purement et simplement la réglementation ESOD, un système écologiquement absurde que la France est bien seule à appliquer en Europe. Hélas, le puissant lobby de la chasse empêche pour le moment toute réforme ambitieuse, même si l’ASPAS parvient à obtenir régulièrement des avancées…
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#JusticePourLesRenards !
Depuis plus de 45 ans, notre association se bat griffes et crocs contre la politique de destruction menée à grande échelle par l’État français. De nombreuses victoires ont été remportées devant les tribunaux pour faire avancer la cause de tous ces animaux malmenés et maltraités (la martre et le putois, par exemple, ne sont plus classés parmi les “ESOD”, et certains départements interdisent désormais le déterrage de renards).
Outre notre combat contre la liste des “ESOD”, une action historique a été lancée en avril 2026 pour obliger l’État à revoir en profondeur sa politique de gestion des renards. Pour en savoir plus et soutenir cette initiative inédite, cliquez ici.

Photo d’en-tête © F. Cahez (photo d’illustration : il ne s’agit pas de Claude)

