C’est hélas tout sauf une mauvaise blague : à partir du 1er avril 2026, de nouvelles règles s’appliquent en France pour tuer encore plus facilement des loups… L’ASPAS dénonce une politique d’abattage scandaleuse, inefficace et dangereuse pour la conservation de l’espèce. Nous saisirons une fois de plus la justice !
35 ans après son retour spontané en France, le cauchemar tant redouté devient réalité : non seulement le loup ne figure plus sur la liste des mammifères protégés en France, mais les éleveurs pourront désormais le tuer sans même avoir protégé leur troupeau !
Ces nouvelles dispositions sont publiées avec de nombreuses autres dans l’arrêté interministériel du 23 février 2026. Un texte qui encadre désormais à la fois “le statut de protection du loup” et “les conditions et limites de sa destruction”…
Dans le détail, la réglementation concernant les tirs de loups est un mille-feuille juridico-administratif très complexe… Voici, concocté par l’ASPAS, un petit décryptage vulgarisé des évolutions les plus consternantes :
Ce qui change
- Le loup est supprimé de la liste nationale des mammifères terrestres protégés en France, mais il n’est pas pour autant reclassé parmi les espèces dont la chasse est autorisée… Un statut hybride qui risque de banaliser les actes de braconnage !
- Pour les éleveurs de moutons et de chèvres, les tirs létaux sont désormais possibles en l’absence de mesures de protection (chien, clôture électrifiée ou gardiennage) partout en France ! Une situation totalement ubuesque qui met à mal des décennies d’efforts et d’investissements au profit de la protection des troupeaux et la cohabitation intelligente avec le prédateur !
- Dans la plupart des communes concernées par la prédation du loup, les tirs létaux peuvent désormais se faire en l’absence d’autorisation individuelle… Une simple télédéclaration préalable auprès de la préfecture suffit désormais, avec quelques informations obligatoires à renseigner (identité du bénéficiaire, nature du troupeau défendu, moyens de protection le cas échéant, lieux d’opération de tir à proximité des troupeaux). Une fois la déclaration remplie, l’éleveur doit ensuite simplement attendre de recevoir un récépissé avant de pouvoir mettre en œuvre son tir. Ce tir est ensuite valable 2 ans (!) si son troupeau n’a aucune protection, et 5 ans (!!) si son élevage est jugé “non-protégeable”…
- Un éleveur, qu’il ait protégé son troupeau ou non, peut maintenant faire appel aux louvetiers ou à la brigade OFB pour tuer un loup, et ce quel que soit la pression de déprédation dans le territoire concerné ! :
- Les « tirs de défense simple » et « tirs de défense renforcée » fusionnent, au profit d’un unique « tir de défense » dont le nombre de tireurs ne peut excéder 2 (voire 3, avec dérogation spéciale !). Le gouvernement fait ainsi disparaître toute logique de gradation des tirs, autrefois relatifs à la gravité et la récurrence des déprédations, au profit d’un assouplissement généralisé…
- Les tirs de « prélèvement », véritables battues aux loups, sont désormais autorisés même si les troupeaux ne sont pas protégés ! Plus besoin non plus, pour obtenir un tel tir, d’avoir eu recours au préalable à un tir de défense, comme c’était le cas jusqu’à présent… Cette évolution gravissime des tirs de prélèvement s’apparente ni plus ni moins à une régulation pure et simple de l’espèce qui ne réglera en rien la question de la déprédation : tout loup tué sera vite remplacé, surtout venant d’une espèce avec une telle capacité de dispersion !
Par ailleurs, contrairement à ce qui était originellement prévu, rappelons que l’État a décidé de réhausser dangereusement le plafond de « destruction » des loups à 21 % (et même 23 % si le plafond est atteint avant la fin de l’année)… Effective depuis le 23 février 2026, cette augmentation surprise est un véritable coup de force du gouvernement, qui ne tient aucunement compte des alertes émises par le monde scientifique sur les risques portés à la conservation de l’espèce !
Ce qui ne change pas
- Même retiré de la liste des espèces protégées, le loup n’est pas pour autant inscrit sur celle des espèces dont la chasse est autorisée ; il est donc (a priori…) toujours interdit de l’abattre en dehors des zones concernées par les tirs de défense ou de « prélèvement ».
- Le braconnage de loups devrait toujours donner lieu à des peines pouvant atteindre 3 ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende. Les loups braconnés continueront aussi à être décomptés du plafond annuel de « destruction ».
- Un permis de chasser valide est toujours obligatoire pour tuer un loup, y compris pour les éleveurs.
- Le tir de loups dans les zones cœurs des parcs nationaux reste prohibé, sauf dans ceux où la chasse est autorisée… (ex : les Cévennes). Idem pour les réserves naturelles nationales : les tirs y sont interdits, SAUF dans celles qui ne sont pas créées pour la protection de la faune sauvage !
- Il est toujours interdit aux éleveurs et aux chasseurs de monter des lunettes thermiques sur leurs armes pour tirer sur les loups, cette technologie étant réservée aux lieutenants de louveterie et aux brigades de l’OFB. Néanmoins, ils peuvent s’en servir pour effectuer des repérages nocturnes… Sachant que ces dispositifs se montent et se démontent très facilement sur les armes, à l’aide d’un adaptateur, qui sera là pour vérifier qu’il n’y a pas d’abus ?
- Enfin, il est toujours interdit d’attirer ou d’appâter les loups pour faciliter leur destruction, avec la mise à disposition de cadavres d’animaux (domestiques ou sauvages). Idem : qui est là pour vérifier que cette disposition est bien respectée, surtout que les tirs sont désormais majoritairement effectués par des louvetiers qui ne sont autres que des chasseurs bénévoles au service de l’État ?
#BalanceTonBraco !
Toutes ces nouvelles mesures anti-loup risquent de faire gravement augmenter les cas de braconnage et par conséquent porter atteinte à la bonne conservation de l’espèce…Si vous êtes témoins de dispositifs et d’agissements suspects (découverte d’appâts, de pièges, de cadavres d’animaux, etc.), contactez les associations de protection de la nature et prévenez les autorités (gendarmerie et Office français de la biodiversité).
Ne gardez plus vos doutes et découvertes suspectes pour vous : ne laissons plus les braconniers agir en toute impunité !
Pour témoigner auprès de l’ASPAS, écrivez à temoignage@aspas-nature.org
L’ASPAS saisira la justice !
L’État a décidé de faire la guerre aux loups. L’ASPAS ne le laissera pas faire. Nous affutons nos armes et nous préparons à nous lancer dans une nouvelle offensive juridique. Plus de détails prochainement !
Pour nous aider à défendre les loups, vous pouvez faire un don à l’ASPAS. Un grand merci pour votre soutien !
Photo d’en-tête © V. Cech

