Les tirs de loups sont inefficaces pour protéger les troupeaux, selon une nouvelle étude

Parue en août 2026 dans la revue Conservation Science and Practice, une étude* menée à partir de données analysées dans cinq pays confirme le caractère extrêmement imprévisible des abattages de loups pour protéger les troupeaux domestiques.


En compilant les résultats d’études menées en Slovénie, Slovaquie, Lettonie, Israël et dans le Michigan (Etats-Unis), où des politiques de tirs de loups ont été déployées au cours des dernières années, les scientifiques observent qu’à part dans de rares cas, l’abattage de loups n’a généralement eu aucun effet pour réduire les dommages aux troupeaux. Pire : certains tirs ont même eu un effet contre-productif…  

Pour les chercheurs, plusieurs éléments peuvent expliquer l’inefficacité des tirs, notamment : les erreurs d’identification (loups en situation d’attaque / loups charognards / chiens errants…), le tir de loups non impliqués dans les déprédations, ainsi que l’insuffisance des preuves permettant d’inculper les loups. 

Les scientifiques insistent également sur l’inadéquation de la solution simpliste des tirs au regard de la très grande variabilité des interactions entre les loups, les animaux domestiques et les humains : comportements individuels de certains loups, répartition et structure sociale des meutes, vulnérabilité des troupeaux, disponibilité des proies sauvages, etc.  

En conclusion, les auteurs estiment que “l’élimination des loups visant à protéger les animaux domestiques, telle qu’elle a été récemment mise en œuvre dans les cinq études que nous avons examinées (par exemple, l’intervention d’agents gouvernementaux arrivant sur les lieux bien après la perte d’animaux domestiques, qui capturent souvent les loups loin des lieux d’origine), semble mal conçue pour atteindre les effets escomptés.”  

Ils alertent également sur “le risque d’effets indésirables [des tirs] et de répercussions sur les troupeaux voisins ou les années suivantes”. 

Pour améliorer la cohabitation entre les loups et les humains, l’étude recommande d’améliorer les connaissances sur les loups et de développer davantage les solutions de protection non létales (notamment un meilleur gardiennage des troupeaux, avec des chiens de protection et des clôtures adaptées).  

Enfin, l’étude réclame de la part des décideurs politiques davantage de transparence : s’ils ne peuvent plus se ranger derrière la science pour justifier les tirs de loups, alors il faut qu’ils assument plus clairement, auprès du public, pourquoi ils persistent à adopter une gestion aussi irrationnelle des conflits entre les loups et le pastoralisme… 

À la lumière de cette nouvelle étude édifiante, qui confirme les résultats de plusieurs publications précédentes**, l’ASPAS appelle le gouvernement français à abandonner sa politique de destruction aveugle, inefficace et dangereuse pour la conservation des loups, et à suivre les recommandations des scientifiques : 

  • Mieux prévenir les attaques par des mesures de protection appropriées et une meilleure connaissance des loups ;  
  • Mieux accompagner les éleveurs pour faciliter l’acceptation du grand prédateur ;  
  • Mieux anticiper le retour naturel des loups dans les régions qui se sont déshabituées de leur présence, et accueillir ce retour comme une aubaine pour un meilleur équilibre des écosystèmes.   

* TREVES A et al. (2026). Removing wolves did not reliably prevent domestic losses. Conservation Science and Practice, e70388. https://doi.org/10.1111/csp2.70388
** En France, voir par exemple les travaux d’Oksana Grente publiés en 2021 

Photo d’en-tête © Rino Adamo / Pexels.com

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