ESOD : l’arrêté final est PIRE que le projet soumis à consultation publique !

Malgré une très forte opposition de 84 %, le ministère de l’Ecologie s’est une nouvelle fois plié devant les lobbies des chasseurs et des agriculteurs. Seule consolation : le rejet de la liste “ESOD” par les citoyens n’a jamais été aussi grand !    


Le constat est amer, mais il est hélas extrêmement rare que des ministres ou des préfets tiennent compte des avis exprimés lors des consultations publiques, surtout lorsqu’ils sont déposés par les protecteurs de la nature…  

L’ASPAS appelle malgré tout à se saisir de ces enquêtes publiques, pour occuper le terrain, faire monter la pression, et montrer que la société fait régulièrement bloc contre les mesures écocidaires préparées par nos gouvernants.  

Force est de constater que la dernière consultation publique concernant la nouvelle liste des “espèces susceptibles d’occasionner des dégâts” (ESOD) nous a encore donné raison, puisque vous êtes plus de 8 participants sur 10 à avoir émis un avis DÉFAVORABLE au projet !  

Nous notons également un important sursaut en termes de de nombre de participants, avec 75 337 avis déposés cette année, contre 49 266 en 2023 !  

Si on compare les chiffres de 2023 et de 2026, non seulement davantage de citoyens se sont mobilisés, mais la part de personnes soutenant la réglementation ESOD est de plus en plus faible, puisqu’on est passé de 30 % à 12 %

L’ASPAS n’est plus seule à se battre contre cette réglementation moyenâgeuse, et c’est tant mieux : plus il y aura d’associations à s’y opposer, et plus il y aura d’études scientifiques critiques de ce système totalement archaïque et aberrant, plus nous aurons de poids face aux lobbies destructeurs du vivant.   

De graves reculs entre le projet d’arrêté et le texte final… 

La modification la plus choquante survenue cet été concerne le corbeau freux, qui voit son classement “ESOD” passer de 44 départements à… 67 !! Et tant pis si l’espèce est considérée en mauvais état de conservation par l’UICN dans certaines régions…  

La situation s’empire également pour la fouine, qui se retrouve rajoutée à la liste “ESOD” de la Haute-Loire. Au total, le mustélidé est classé dans 69 départements, soit exactement le même nombre qu’en 2023…  

Quant au renard, son classement partiel se retrouve étendu à de nombreuses communes supplémentaires dans l’Yonne (50 =>173 !) et dans le Puy-de-Dôme. Dans ce département auvergnat, régulièrement confronté à des dégâts de campagnols, les petits canidés sont classés “ESOD” partout SAUF dans 51 communes, contre 182 au moment du projet… Pire : dans ces 51 communes, il est prévu que le renard puisse malgré tout être piégé en cas de dégâts avérés !… Bref : quand on n’est plus “ESOD”, en réalité on l’est encore un peu…    

À lire aussi : Le renard, “nuisible” préféré des chasseurs… 

La seule mini “avancée” à se mettre sous la dent concerne les zones montagneuses du Bas-Rhin, où seul le piégeage des renards est autorisé, uniquement à moins de 250 mètres des habitations et des bâtiments situés dans les agglomérations, ainsi qu’à moins de 250 mètres des bâtiments agricoles et des lieux de stockage agricole… 

À lire aussi : L’ASPAS saisira le Conseil d’État contre la nouvelle liste “ESOD” !  

Photo du corbeau © R. Blackbourn

Inscription à la newsletter

X