Confrontation ours-humains : l’ASPAS rappelle les bons comportements à adopter

Vendredi 7 août 2026, sur commune de Seix en Ariège, un éleveur est parti sur l’estive d’Arreou pour rechercher l’un de ses chiens de protection disparu depuis quelques jours. Accompagné d’un chien de conduite, un border-collie non tenu en laisse, il a été confronté à la présence d’un ours dans une zone escarpée, loin de tout chemin de randonnée. 

Le chien a été mis en déroute par l’ours et fait une chute de 20 mètres. L’ours, un jeune individu, surpris lui aussi, s’est approché longuement et a adopté un comportement perçu comme agressif par l’éleveur, avec des grognements et une charge d’intimidation. L’homme, au prix d’un stress qu’on imagine intense, s’est imposé et a tenu l’ours en respect par des cris, des jets de pierre et des gesticulations. Le plantigrade s’est finalement éloigné, très lentement.

Ours trop agressif ou comportement normal ? Et quelles mesures mettre en place pour éviter ce genre de rencontre traumatisante ? Telles sont les questions qui étaient posées à la réunion demandée en urgence par le préfet de l’Ariège, mercredi 12 août, à laquelle a participé l’ASPAS aux côtés d’autres associations de protection de la nature, avec l’OFB et les services de la DDT. 

Les différents acteurs ont nuancé le terme d’agressivité utilisé pour qualifier le comportement de cet ours qui, au regard de la situation, a semble-t-il réagi comme le ferait n’importe quel individu dans un tel contexte. Il a été acté que l’OFB devait poursuivre les observations de cet ours, en ayant éventuellement recours à des mesures de “conditionnement aversif*”, autrement dit le tir à balles de caoutchouc sur l’arrière-train de l’animal afin de provoquer chez lui un réflexe de peur et de fuite en présence d’humains.

Ce genre d’intervention doit demeurer exceptionnelle, l’idée étant que ces rencontres inopinées entre les humains et les ours adviennent le plus rarement possible. En milieu naturel où la présence des ours est avérée, il est surtout primordial de bien connaître les bons comportements à adopter.

Quels comportements adopter en cas de rencontre avec un ours ?

Avec une population ursine qui progresse chaque année dans les Pyrénées (130 individus estimés en 2026), il est évident que les rencontres entre les humains et les ours vont être amenées à se multiplier. 

En règle générale, les ours ne cherchent pas le contact avec les humains et notre seule présence les fait fuir. Toutefois, si l’ours est surpris, il peut avoir une réaction d’intimidation, voire d’agression, surtout dans le cas d’une femelle accompagnée de ses petits. 

Pour minimiser ces confrontations, voici quelques recommandations 

  • Avant une randonnée dans les Pyrénées, je me renseigne sur les zones de présence des ours et j’évite au maximum celles investies par les ourses accompagnées de leurs oursons.  
  • J’évite d’aller en montagne avec mon chien. Les chiens peuvent être perçus comme une menace par l’ours. Si j’y suis obligé, je le tiens absolument en laisse.
  • J’évite de courir dans les zones à ours, particulièrement à l’aube et au crépuscule, périodes où les plantigrades sont souvent les plus actifs. 
  • Si je vois un ours, je me signale en faisant du bruit et je m’éloigne calmement de sa trajectoire, en évitant de lui tourner le dos.

L’ours, espèce strictement protégée, a autant sa place dans les Pyrénées que nous les humains. L’ASPAS appelle à une coexistence pacifique fondée sur l’acceptation et le respect du sauvage. 

* encadrées par l’arrêté ministériel du 9 janvier 2026

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