Le préfet de Haute-Savoie décide de faire tuer 200 à 250 bouquetins contre l’avis des experts

Le préfet de Haute-Savoie décide de faire tuer 200 à 250 bouquetins contre l’avis des experts

bouquetin-110Contre l’avis défavorable du Conseil National de Protection de la Nature émis à la quasi-unanimité le 15 septembre, et sans tenir compte des recommandations de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail, le Préfet de Haute-Savoie décide unilatéralement l’abattage de plus de 200 bouquetins dont un nombre conséquents d’animaux sains, pourtant protégés au niveau international. Face à la menace d’abattage massif par les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage dans les prochains jours, les associations nationales se mobilisent.

Alors que l’abattage de 350 bouquetins ces deux dernières années -dont beaucoup d’animaux parfaitement sains- n’a pas permis de réduire la prévalence de la maladie, le Préfet de Haute-Savoie veut récidiver en faisant tuer 200 à 250 bouquetins, ne laissant que quelques dizaines d’animaux sur le massif du Bargy.

Les études conduites par une quinzaine d’experts européens réunis par l’Anses entre octobre 2014 et juillet 2015 ont permis de démontrer que l’abattage massif, rapide, non différencié, loin de réduire la maladie a pour conséquence d’augmenter les risques notamment par l’éparpillement des animaux.

Bouquetin-R.CollangeL’abattage n’est pas réaliste puisque tous les animaux visés ne peuvent pas être abattus avant l’arrivée des mauvaises conditions météorologiques. Les animaux sains, marqués, relâchés dans un milieu contaminé sont susceptibles d’être à leur tour infectés. Ce qui justifiera une nouvelle demande d’abattage l’année prochaine.

Les experts sont pourtant unanimes pour affirmer que les bouquetins du Bargy ne représentent pas un danger significatif pour le cheptel domestique (niveau « quasi-nul » à « minime ») et que le risque actuel pour l’homme est « quasi-nul ». Selon eux, ce risque « est très inférieur au risque lié à la brucellose importée qui représente plus de 80 % des cas de brucellose humaine en France chaque année ».

Ils ajoutent que le problème ne saurait être traité en une année, mais qu’il faut au contraire envisager une gestion sur plusieurs années, avec des mesures combinées. Pour obtenir une réduction à moyen et long termes du foyer de brucellose, le scénario proposé par les scientifiques, associant une élimination progressive des animaux séropositifs, sur quelques années, et une vaccination préventive est en tout point préférable.

FNE, la LPO, la FRAPNA et l’ASPAS se réservent la possibilité d’user de tous les moyens légaux (contrairement au monde agricole qui prend un Président et un Directeur de Parc National en otage et voient leurs revendications satisfaites au-delà de leurs attentes) pour empêcher ce mauvais scénario.

 Télécharger le document Les bouquetins du Bargy en 7 points clés

logos

Dernier articles de presse

21.06.2024

L’extrême droite, une menace pour le Vivant

Depuis plus de 40 ans, l’ASPAS se bat sans relâche pour faire reconnaître les droits des animaux sauvages et défendre l’expression de la nature dans toute sa diversité, toutes ses spécificités. Fière de son indépendance financière et politique, qui lui garantit une totale liberté d’action et de ton, l’ASPAS ne peut aujourd’hui rester silencieuse face […]

10.06.2024

35 associations demandent le retrait de l’article 13 de la loi d’orientation agricole, une régression environnementale de 35 ans

Lors du débat sur la loi d’orientation agricole (LOA) à l’Assemblée nationale, le gouvernement vient de porter une atteinte immense à la protection des êtres vivants appartenant à des espèces protégées, faune et flore. L’article 13 est un séisme juridique. A l’article 13 de la LOA, amendement 4452 2e rectificatif, il est décidé que désormais […]

23.05.2024

Baisse de la population de loups en France de 9% : la déraison d’Etat, ça suffit !

Communiqué interassociatif ASPAS, Férus, FNE, LPO, Humanité & Biodiversité et WWF La dernière estimation du nombre de loups présents en France est connue depuis des semaines par les responsables gouvernementaux, qui se sont gardés de la rendre publique, et pour cause : elle fait état d’une baisse de la population de 9 %, passant de […]

03.05.2024

La 3e Journée mondiale des blaireaux c’est le 15 mai 2024 !  

Pour mieux faire connaître les blaireaux et alerter sur la cruauté du déterrage, une pratique de chasse toujours légale en France, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) a proposé de faire du 15 mai la Journée mondiale des blaireaux, une initiative soutenue par de nombreux partenaires associatifs*. Après le succès des éditions 2022 […]

19.03.2024

Le loup doit rester une espèce strictement protégée : lancement de la mobilisation citoyenne !

Nos 11 organisations de protection de la nature (WWF, FNE, LPO, UICN, ASPAS, Humanité & Biodiversité, SNPN, SFEPM, Ferus, OPIE, SHF) lancent ce mardi 19 mars une grande pétition citoyenne pour appeler le gouvernement français àrejeter sans ambiguïté la proposition, ni nécessaire ni justifiée, de la Commission européenne visant à abaisser le statut de protection du loup. La […]