Enquête : « cocottes d’élevage » des chasseurs : de la cage au carnage

Enquête : « cocottes d’élevage » des chasseurs : de la cage au carnage

14 millions de faisans et 5 millions de perdrix sont élevés chaque année en France pour être lâchés pour la chasse.Tantôt élevés en cage individuelle minuscule sur sol grillagé, tantôt en grande concentration dans des volières, tantôt dans le noir continu, tantôt dans la lumière continue, appareillés d’ustensiles parfois mutilants, sans parents pour les poussins, victimes de collisions et d’étouffements, confinés, stressés jusqu’à en mourir : ces millions d’animaux souffrent inévitablement.

Des conditions d’élevage déplorables

14 millions de faisans et 5 millions de perdrix sont élevés chaque année en France pour la chasse.

Les oiseaux reproducteurs passent leur courte vie dans de minuscules cages grillagées, douloureuses pour leurs pattes, souvent sous éclairage artificiel. Leurs œufs sont ensuite placés dans des incubateurs. Juste après l’éclosion, les poussins sont chargés dans des caisses et transportés en camion en direction d’élevages sur toute la France.
Débarqués dans l’élevage, les poussins sont placés à plusieurs milliers d’individus dans un hangar, alors que ces oiseaux vivent de façon naturelle en petits groupes familiaux. Cet environnement totalement artificiel, sans leur mère, sans végétation, entraine d’inévitables agressions entre eux.

Des oiseaux qui s’entretuent

Pour limiter ces agressions, certains éleveurs laissent les poussins âgés de quelques jours dans le noir presque complet pendant plusieurs semaines. Des ” anneaux ” ou des ” couvres-becs italiens ” sont systématiquement utilisés dans tous les élevages :

– L‘anneau perfore la cloison nasale et passe entre les mandibules (dans le bec). Des oiseaux s’évanouissent sous le choc. Progressivement, le bec pousse autour de l’anneau et entraîne une malformation.

Le couvre-bec, lui, est clipsé dans les narines.
La pause de ces accessoires est systématiquement source de stress et d’inconfort pour les oiseaux, et est régulièrement à l’origine de blessures.
Après 1 à 3 semaines en bâtiment, les faisandeaux et perdreaux sont installés dans des volières en extérieur pour un simulacre de vie sauvage durant quelques semaines encore.

Les conditions d’élevage et le stress de ces oiseaux sont tels qu’une quantité invraisemblable de faisans et de perdrix paniqués, cherchant à fuir en s’envolant, se fracassent contre les murs des hangars, ou encore se pendent aux filets des volières.
Des mortalités massives sont régulièrement constatées dans des mouvements de panique en cas d’orage, de panne de lumière ou autre incident.
Quand vient le moment de la livraison aux sociétés de chasse, perdrix et faisans sont tassés dans des caisses de transport, après avoir été débarrassés dans la douleur de leur anneau ou couvre-bec.

« Repeuplement » ou ball-trap ?

Livrés chez les sociétés de chasse, les gestionnaires de chasse privée, ou encore les fédérations de chasse, les oiseaux restent entassés dans les caisses exiguës de transport souvent plusieurs heures, parfois toute une nuit avant d’être transportés le lendemain sur le site du lâcher.
L’immense majorité de ces faisans et perdrix sont libérés pour l’ouverture de la chasse, puis régulièrement au cours de la saison de chasse, essentiellement les vendredi et samedi.

Mourir à la chasse ou par inadaptation

La plupart des faisans et perdrix qui échappent aux tirs meurent dans la nature au bout de quelques jours à quelques mois. L’inadaptation à la vie sauvage leur est fatale : ils ne savent pas se nourrir seuls, ne savent pas se protéger des conditions climatiques, n’ont pas appris à fuir les prédateurs naturels…

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