Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement

Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement

Les protecteurs ont prouvé l’illégitimité de cet acte, mais le mal est fait : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été abattue. En effet, le Tribunal administratif de Grenoble vient de donner raison à l’ASPAS et à One Voice, en déclarant illégal l’arrêté du préfet de la Drôme (26) du 1er septembre 2015 qui avait autorisé l’abattage d’un loup par « tir de prélèvement renforcé » valable 6 mois sur 3 communes Drômoises, Lus-la-Croix-Haute, Treschenu-Creyers et Glandage.

Le juge des référés de Grenoble avait refusé à l’époque de suspendre d’urgence ce permis de tuer, et une louve avait rapidement été abattue par des chasseurs au cours d’une battue au grand gibier, le 12 décembre 2015, à Lus-la-Croix-Haute.

Le Tribunal administratif suit aujourd’hui notre argumentation : ce tir de prélèvement n’était pas justifié, cette louve a été illégalement abattue.

lusLe juge administratif rappelle ainsi que des battues aux loups ne peuvent pas être autorisées si tout n’a pas été mis en œuvre pour protéger les troupeaux exposés à un risque de prédation. Il existe en effet des moyens de protection des troupeaux ainsi qu’une gradation des tirs que les préfets peuvent autoriser. Ces tirs ne visent à tuer des loups, espèce protégée, qu’en dernier recours, et uniquement si des dégâts persistent malgré la mise en œuvre de moyens de protection et de tirs de défense préalables.

Plus qu’illégale, la mort de cette louve a aussi été inutile ! Ainsi, les attaques ont été plus nombreuses après l’exécution de cette louve : 21 attaques en 2016 contre 19 l’année précédente (source : DDT 26- Bilans des attaques sur troupeaux domestiques – Année 2016 au 31/12/16 et année 2015 au 31/12/15 ). Tuer un loup ne permet pas de faire baisser les dégâts, c’est un constat relevé également par l’expertise commandée au Muséum National d’Histoire Naturelle et à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, la solution n’est donc pas l’abattage !

Pour permettre une cohabitation entre la biodiversité faunistique et le pastoralisme, un changement profond des pratiques d’élevage et du système de subventionnement français -qui n’incite actuellement pas suffisamment aux bonnes pratiques de certains éleveurs- est nécessaire.

L’ASPAS renouvelle sa demande de mettre fin aux tirs de loups, et de supprimer les indemnisations versées aux éleveurs qui ne protègent pas leurs bêtes.

Personnalités et citoyens continuent leur mobilisation : cyberaction #SOSloups

Dernier articles de presse

21.06.2024

L’extrême droite, une menace pour le Vivant

Depuis plus de 40 ans, l’ASPAS se bat sans relâche pour faire reconnaître les droits des animaux sauvages et défendre l’expression de la nature dans toute sa diversité, toutes ses spécificités. Fière de son indépendance financière et politique, qui lui garantit une totale liberté d’action et de ton, l’ASPAS ne peut aujourd’hui rester silencieuse face […]

10.06.2024

35 associations demandent le retrait de l’article 13 de la loi d’orientation agricole, une régression environnementale de 35 ans

Lors du débat sur la loi d’orientation agricole (LOA) à l’Assemblée nationale, le gouvernement vient de porter une atteinte immense à la protection des êtres vivants appartenant à des espèces protégées, faune et flore. L’article 13 est un séisme juridique. A l’article 13 de la LOA, amendement 4452 2e rectificatif, il est décidé que désormais […]

23.05.2024

Baisse de la population de loups en France de 9% : la déraison d’Etat, ça suffit !

Communiqué interassociatif ASPAS, Férus, FNE, LPO, Humanité & Biodiversité et WWF La dernière estimation du nombre de loups présents en France est connue depuis des semaines par les responsables gouvernementaux, qui se sont gardés de la rendre publique, et pour cause : elle fait état d’une baisse de la population de 9 %, passant de […]

03.05.2024

La 3e Journée mondiale des blaireaux c’est le 15 mai 2024 !  

Pour mieux faire connaître les blaireaux et alerter sur la cruauté du déterrage, une pratique de chasse toujours légale en France, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) a proposé de faire du 15 mai la Journée mondiale des blaireaux, une initiative soutenue par de nombreux partenaires associatifs*. Après le succès des éditions 2022 […]

19.03.2024

Le loup doit rester une espèce strictement protégée : lancement de la mobilisation citoyenne !

Nos 11 organisations de protection de la nature (WWF, FNE, LPO, UICN, ASPAS, Humanité & Biodiversité, SNPN, SFEPM, Ferus, OPIE, SHF) lancent ce mardi 19 mars une grande pétition citoyenne pour appeler le gouvernement français àrejeter sans ambiguïté la proposition, ni nécessaire ni justifiée, de la Commission européenne visant à abaisser le statut de protection du loup. La […]