Chasse : des accidents en hausse en 2022 !

Chasse : des accidents en hausse en 2022 !

Le 1er septembre, l’OFB a enfin dévoilé le bilan officiel du nombre d’accidents provoqués par le loisir de la chasse au cours de la saison 2021-2022. Avec 8 morts et 90 blessés par arme à feu, le nombre de victimes recensées a augmenté de 10% en comparaison avec la saison 2020-2021. Et ça ne s’annonce guère plus glorieux cette saison avec déjà 6 accidents recensés depuis le 1er septembre dont 3 impactant des non-chasseurs…

L’ASPAS, qui réclame depuis des années une réforme majeure et en profondeur de la chasse, n’a pas attendu le communiqué tardif de l’OFB pour réagir sur le vif aux multiples méfaits de la chasse survenus au cours de la saison dernière. Si les chasseurs restent les premiers concernés, plusieurs non-chasseurs ont été blessés parmi lesquels des cyclistes, des joggeurs, des promeneurs, et deux ont été tués : Joël Viard, un homme de 67 ans touché par une balle alors qu’il était au volant de sa voiture en Ille-et-Vilaine, et Mélodie Cauffet, une jeune femme de 25 ans atteinte par une chasseuse adolescente alors qu’elle se promenait sur un sentier de randonnée dans le Cantal.  

« Il n’y a pas de risque zéro » nous assène Willy Schraen, le président de la Fédération Nationale des Chasseurs qui a trop souvent l’habitude de minimiser le danger que représente la chasse et de vanter les progrès réalisés par les fédérations pour sécuriser ce loisir morbide, alors que les accidents se comptent toujours en dizaines et que les incidents, eux, ont tendance au contraire à augmenter chaque année…    

Ces incidents, souvent très graves (tirs en direction des routes, des maisons…), sont d’ailleurs à peine évoqués par l’OFB alors qu’ils sont une réelle source d’angoisse pour les ruraux qui subissent la chasse, parfois 7 jours sur 7 dans certains territoires. Les sondages sont édifiants : 75% des Français qui habitent près d’une zone de chasse ne sont pas sereins lorsqu’ils se promènent* et 41% déclarent même avoir été (eux ou leurs proches) victimes d’une situation d’insécurité liée à la chasse**… Même dans sa propre maison on n’est pas à l’abri de se prendre une balle*** !! 

Ne sont pas comptabilisés non plus tous les animaux domestiques victimes de balles plus ou moins perdues (chiens, chats, chevaux…), ni les trop nombreux animaux sauvages victimes de tirs approximatifs, dont on imagine toute l’agonie…  

Contre les accidents le Sénat dégaine... le délit d’entrave à la chasse !

Grâce aux 122 424 signatures récoltées en deux mois par le collectif « Un jour un chasseur » lancé par les amies de Morgan Keane, jeune homme de 25 ans tué par un chasseur dans le Lot fin 2020, le Sénat a décidé de mettre en place une mission de contrôle pour mieux encadrer la sécurisation de la chasse, sous la houlette de Patrick Chaize, sénateur LR connu pour ses prises de position… pro-chasse.

 

L’ASPAS, qui dénonce depuis plus de 40 ans les nombreux abus et problèmes de sécurité liés à ce loisir morbide, avait malgré tout accepté de participer aux auditions aux côtés de nombreuses autres associations, en mettant à disposition des sénateurs toute une série de recommandations.

 

Visite médicale annuelle, interdiction de l’alcool, formation au tir… Si quelques-unes des 30 propositions formulées dans le rapport final publié le 13 septembre répondent à nos attentes, beaucoup sont décevantes : pas de dimanche sans chasse, pas de périmètre de sécurité autour des habitations, pas d’interdiction des carabines, rien pour protéger les mineurs… D’autres sont choquantes : multiplication des miradors, zones d’exclusion des promeneurs, déduction d’impôts pour les louvetiers… Et d’autres enfin sont carrément indécentes : 10 ans de retrait de permis en cas d’homicide par tir direct et délit d’entrave au déroulement d’activités sportives ou de loisir légales !    

 

En réaction à ce rapport déprimant marqué du sceau du lobby de la chasse et totalement irrespectueux pour les familles de victimes, l’ASPAS a co-signé un communiqué interassociatif pour exiger la tenue d’un référendum. Côté chasseurs, beaucoup sont toujours dans le déni de l’insécurité et s’estiment « stigmatisés », à commencer par leur président Willy Schraen pour qui « un mec bourré sur un vélo, c’est dangereux aussi ! »

 

En attendant que l’État donne suite à ce rapport et à nos revendications, la chasse continue de faire de nouvelles victimes et des élus locaux prennent des décisions iniques, comme ce maire de Bussy-la-Pesle, dans la Nièvre, qui fait verbaliser 135 euros les promeneurs non-vêtus d’un gilet jaune dans la forêt !

Chasse et insécurité : #OsezParler !

Seule nouvelle réjouissante pour le moment : le nombre de chasseurs ne cesse de diminuer d’année en année, jusqu’à tomber sous le seuil symbolique du million l’an passé. De quoi affaiblir enfin le lobby de la chasse ? Pas sûr du tout avec la réélection du président Macron qui a distribué tant de cadeaux aux auto-proclamés « 1ers écolos de France », mais pas de quoi décourager l’ASPAS, qui ne lâchera rien tant qu’une réforme digne de ce nom ne verra pas le jour ! 

 

Aidez-nous à continuer de mettre la pression sur nos élus en dénonçant les situations dangereuses, les abus et les dérives de la chasse ! N’hésitez pas à envoyer vos photos, vidéos et témoignages à l’adresse temoignage@aspas-nature.org 

L'ASPAS sur France Inter

Vendredi 23 septembre, l’ASPAS était invitée à participer à l’émission “Le Téléphone sonne” sur France Inter, consacrée à la question : “Comment sécuriser la pratique de la chasse ?”
Pour écouter en ligne, c’est ici

* sondage IPSOS pour One Voice, septembre 2021 

** Sondage Yougov de janvier 2021 pour Animal Cross 

***https://www.lejsl.com/faits-divers-justice/2021/11/16/chasse-une-balle-perdue-traverse-la-porte-d-une-habitation 

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