Bâche géante déployée pour la chasse à courre : l’ASPAS dépose plainte !

Un piège XXL pour empêcher les cerfs d’échapper à leurs bourreaux… Demandée par l’équipage de vénerie locale, “Normand Piqu’Hardi”, une énorme bâche plastique de 3 mètres de haut et 1,7 km de long a été installée en forêt domaniale de Dreux (Eure-et-Loir) par l’Office national des forêts (ONF). Informée de ce scandale, l’ASPAS a déposé plainte contre X le 11 mars 2026 pour chasse à l’aide d’un engin, instrument, mode ou moyen prohibé.


Les membres du collectif AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), présents chaque année sur le terrain pour documenter en photos et vidéos la réalité et les dérives de la chasse à courre en France, ont été les premiers* à massivement alerter sur cette installation qui s’apparente, ni plus ni moins, à de la chasse à courre en enclos

Le Groupe National de Surveillance des Arbres (GNSA) a de son côté dénoncé l’abattage par l’ONF de dizaines de chênes tout au long du parcours pour faciliter la mise en place de l’immonde rideau géant… Ce n’est pas tout : plusieurs caméras de surveillance ont été découvertes par des promeneurs profondément indignés de se savoir filmés à leur insu

Une pétition à 50 000 signatures

Une pétition lancée par AVA sur le site MesOpinions.com a permis de récolter près de 50 000 signatures en très peu de temps. Parmi elles, de très nombreux habitants des communes concernées (Montreuil et Saint-Georges-Motel) ainsi que leurs deux maires, stupéfaits de ne pas avoir été informés et très remontés contre l’entier dispositif !  

Devant le tollé général, une réunion publique a été organisée le 14 février pour exiger de l’équipage “Normand Piqu’Hardi” des explications sur leurs réelles motivations. Pour les veneurs et l’ONF, la bâche ne servirait qu’à sécuriser les riverains en empêchant les cerfs et autres animaux traqués de sortir de la forêt et de se réfugier près des habitations…  

Cette explication officielle ne convainc personne, la réelle motivation des chasseurs étant évidemment celle de pouvoir traquer et de massacrer plus facilement les animaux en les contenant à l’intérieur de la forêt ! D’après AVA, les cerfs ont en effet l’habitude de s’enfuir en coupant la D116 puis de traverser à la nage la rivière Eure en direction du parc du château de Saint-Georges-Motel, où ils ne sont plus inquiétés par les veneurs.  

Une bâche déployée 20 journées de l’année

L’équipage se défend également en expliquant que la bâche est déployée seulement les jours de chasse à courre et que le reste du temps les animaux sont libres de circuler (encore heureux !!)… Or avec 20 parties de chasse organisées entre le 15 novembre et le 31 mars et un dispositif installé dès la veille de chaque traque, selon le témoignage de plusieurs habitants, la liberté de circuler des animaux est fortement entravée !  

L’ASPAS, qui milite pour l’abolition de la chasse à courre en France, espère que sa plainte aboutira et que la justice interdira définitivement aux équipages de vénerie l’utilisation de tels subterfuges cruels et totalement inadmissibles ! 


* En plus d’AVA Dreux, plusieurs autres collectifs et associations locales se sont fortement mobilisés contre la bâche, les caméras de surveillance et l’abattage de nombreux arbres pour installer le dispositif : Animal Protection du Vivant, Le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) de Chartres-Dreux, AVERN, FEEL et le Ressourc’Eure.

Photo d’en-tête © AVA

La presse en parle :

  • France 3 Centre Val-de-Loire, reportage du 28 janvier 2026
  • Reporterre, reportage du 16 février 2026
  • France Inter, émission du 17 février

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