Animal “nuisible” ou “protégé” : derrière les mots, les mêmes balles

Animal “nuisible” ou “protégé” : derrière les mots, les mêmes balles

110renardLe ministère de l’Écologie vient d’adopter deux textes fondamentaux en matière de faune sauvage : l’un encadre la destruction des « nuisibles » (renard, fouine, martre, belette, putois, corbeau freux, corneille noire, pie bavarde, étourneau sansonnet et geai des chênes), l’autre encadre le tir d’une espèce « protégée », le loup. Derrière deux statuts théoriquement opposés, les similitudes sont inquiétantes pour l’avenir des espèces « protégées » en France.

Éliminés pour le seul plaisir des chasseurs
C’est désormais officiel, les prédateurs naturels classés « nuisibles » (renard, fouine, martre, belette, putois, corbeau freux, corneille noire, pie bavarde, étourneau sansonnet et geai des chênes) peuvent être détruits sous prétexte qu’ils porteraient atteinte au « gibier » introduit par les chasseurs (faisans issus d’élevages…), et cela quasiment partout et toute l’année.

aÉliminés partout et toute l’année
De même, le tir des loups peut être autorisé partout par les préfets, y compris désormais en cœur de parc national ! Cette espèce « protégée » peut être abattue toute l’année, ce qui n’est même pas le cas de tous les « nuisibles ». Plus de 10% de la population de loups peut être supprimée, une proportion énorme pour une espèce aux très faibles effectifs, dont les populations sont en baisse.

Éliminés sans raison 
Les « tirs de défense » (tuer un loup près du bétail) peuvent être autorisés pour un troupeau qui n’a jamais été attaqué. Les « tirs de prélèvement » (tuer un loup loin du bétail) se font au hasard, sur des loups possiblement sans rapport avec la prédation sur le bétail. Ces animaux protégés sont donc détruits de la même manière que les « nuisibles », et sans justification de défense des brebis ! Or, les efforts devraient porter sur la protection des activités agricoles, et non sur la destruction de la faune.

Des abus encouragés par les autorités
À de nombreuses reprises ces dernières années, les autorisations préfectorales de détruire des « nuisibles » ou des loups ont été jugées illégales par les tribunaux suite aux recours de l’ASPAS. Mais au lieu d’encourager le respect de l’application des textes nationaux par les préfets, les ministères de l’écologie successifs ont peu à peu… dénaturé les textes ! Pour le loup comme pour les « nuisibles », les actions en justice pour les protecteurs de la faune deviennent donc plus en plus difficiles.

Le ministère de l’Écologie ne mérite plus son nom
Le retour naturel des loups est traité par les pouvoirs publics de façon aussi archaïque et insensée que le sont les « nuisibles » : en organisant leur destruction, en s’abstenant de chercher les solutions pérennes pour la cohabitation avec les activités humaines, et en abandonnant la « gestion » de notre patrimoine naturel aux chasseurs. On chasse désormais des espèces protégées dans des espaces protégés : il n’y a plus de protection de la nature en France.

Dernier articles de presse

21.06.2024

L’extrême droite, une menace pour le Vivant

Depuis plus de 40 ans, l’ASPAS se bat sans relâche pour faire reconnaître les droits des animaux sauvages et défendre l’expression de la nature dans toute sa diversité, toutes ses spécificités. Fière de son indépendance financière et politique, qui lui garantit une totale liberté d’action et de ton, l’ASPAS ne peut aujourd’hui rester silencieuse face […]

10.06.2024

35 associations demandent le retrait de l’article 13 de la loi d’orientation agricole, une régression environnementale de 35 ans

Lors du débat sur la loi d’orientation agricole (LOA) à l’Assemblée nationale, le gouvernement vient de porter une atteinte immense à la protection des êtres vivants appartenant à des espèces protégées, faune et flore. L’article 13 est un séisme juridique. A l’article 13 de la LOA, amendement 4452 2e rectificatif, il est décidé que désormais […]

23.05.2024

Baisse de la population de loups en France de 9% : la déraison d’Etat, ça suffit !

Communiqué interassociatif ASPAS, Férus, FNE, LPO, Humanité & Biodiversité et WWF La dernière estimation du nombre de loups présents en France est connue depuis des semaines par les responsables gouvernementaux, qui se sont gardés de la rendre publique, et pour cause : elle fait état d’une baisse de la population de 9 %, passant de […]

03.05.2024

La 3e Journée mondiale des blaireaux c’est le 15 mai 2024 !  

Pour mieux faire connaître les blaireaux et alerter sur la cruauté du déterrage, une pratique de chasse toujours légale en France, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) a proposé de faire du 15 mai la Journée mondiale des blaireaux, une initiative soutenue par de nombreux partenaires associatifs*. Après le succès des éditions 2022 […]

19.03.2024

Le loup doit rester une espèce strictement protégée : lancement de la mobilisation citoyenne !

Nos 11 organisations de protection de la nature (WWF, FNE, LPO, UICN, ASPAS, Humanité & Biodiversité, SNPN, SFEPM, Ferus, OPIE, SHF) lancent ce mardi 19 mars une grande pétition citoyenne pour appeler le gouvernement français àrejeter sans ambiguïté la proposition, ni nécessaire ni justifiée, de la Commission européenne visant à abaisser le statut de protection du loup. La […]