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Dites NON à l’abattage de 40 loups !

14/06/2017

Le Ministre de la transition écologique et solidaire vous demande votre avis sur le projet d’arrêté prévoyant l’abattage de 36 à 40 loups pour la période 2017-2018. Il est important de vous exprimer en envoyant votre avis via le formulaire proposé sur ce site internet (cliquer sur « Déposer votre commentaire » en bas de la page).

La consultation est ouverte jusqu’au 3 juillet 2017.

Conseils pour votre participation :

  • Les synthèses des observations du public des consultations précédentes montrent que le ministère tente d’opposer le monde urbain au monde rural. Les opposants au loup seraient des ruraux, tandis que ses défenseurs seraient des urbains… Si vous êtes éleveur ou agriculteur, ou issu du monde rural, précisez-le ! De même, si vous résidez dans une zone de présence du loup, ou simplement en zone rurale, n’hésitez pas à le mentionner !
  • Notre opinion ne semble guère importer au gouvernement, mais notre poids électoral oui… Vous pouvez également mettre ceci en avant !
  • Les injures ou les grossièretés ne faisant pas avancer les choses, nous recommandons vivement à tous de mettre le point fort sur des arguments solides.
  • Vous pouvez exprimer votre opinion en vous inspirant des éléments succinctement évoqués par l’ASPAS, mais un point de vue personnalisé aura plus de poids que plusieurs avis reprenant le même modèle, au mot près.

La position de l’ASPAS :

Loups-0148Nous sommes défavorables à ce projet d’arrêté. Il ne permettra pas d’atteindre l’état de conservation favorable des population de loups en France, tel qu’exigé par nos engagements européens et internationaux. Il ne permettra pas non plus de faire baisser les dégâts attribués aux loups. L’effort du gouvernement devrait être porté sur l’amélioration des mesures de protection, le contrôle de leur mise en place, et le conditionnement de l’indemnisation des pertes à leur mise en œuvre effective. En effet :

– La très légère augmentation des (estimations !) des effectifs cette saison ne permet pas de considérer que la population de loups en France est dans un état de conservation favorable. L’espèce reste ainsi parmi les espèces menacées d’extinction sur la liste rouge des espèces menacées en France révisée en ce mois d’avril 2017 (MNHN- UICN). Pour respecter ses engagements européens et internationaux, la France doit garantir la croissance de la population pour espérer atteindre cet état de conservation favorable. L’abattage de 36 à 40 loups ne garantit pas cette croissance.

– Abattre des loups ne permettra pas de faire baisser les dommages qui leur sont attribués. De fait, 38 loups ont été légalement abattus cette saison, 9 autres sont morts du fait de l’Homme (collision routière). 45 ont été tués de la même manière la saison 2015-2016, 23 en 2014-2015. Les données de ces années précédentes ne montrent aucune baisse des dégâts au regard du nombre de loups tués. L’expertise ESCO commandée par le ministère, et rendue publique en mars 2017, relève l’absence de certitude sur l’effet utile de ces tirs et cite les études menées à l’étranger démontrant leur inefficacité voire leur contre-productivité (augmentation des dommages). Elle préconise le recours à des moyens de défense non létaux.

– L’effort devrait donc être porté sur les moyens à mettre en œuvre pour assurer la cohabitation entre les loups et l’élevage : améliorer la mise en œuvre des solutions de protection actuellement financées aux éleveurs par l’État, recherche de nouvelles mesures, mise en place d’un « protocole de protection efficace » adapté aux différentes situations locales, accompagnement des éleveurs pour sa mise en œuvre efficace, contrôle de sa mise en œuvre effective, conditionnement de l’indemnisation des pertes à la mise en œuvre de ce « protocole de protection efficace » pour inciter à leur mise en oeuvre (actuellement, les éleveurs sont indemnisés, qu’ils protègent leur troupeau ou non).