En forêt, les renards se nourrissent de campagnols roussâtres, petits rongeurs connus pour être des réservoirs importants des hantivirus, maladies potentiellement graves pour les humains.
Une étude de 2017 (Hofmeester et al.) avait déjà pu démontrer que les renards jouaient un rôle de première importance pour limiter la propagation de la maladie de Lyme, véhiculée par les tiques accrochées aux campagnols et autres micromammifères dont les renards se nourrissent par milliers chaque année.
Mais le rôle sanitaire de goupil ne s’arrête sans doute pas là : en tant que prédateur du campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus), une espèce forestière, il permettrait de limiter également la contamination chez les humains des hantavirus, maladies rare mais potentiellement très graves, transmissibles principalement par les urines et déjections des rongeurs.
S’il n’existe aucune étude spécifique, à notre connaissance, pour confirmer cette hypothèse, il existe pléthore d’études sur le rôle sanitaire que peuvent jouer les prédateurs et les charognards, dont les organismes sont souvent des culs-de-sac pour les virus et autres maladies infectieuses. Et il est évident qu’en laissant les chasseurs abattre de manière illimitée les renards, l’État nous prive de régulateurs naturels des rongeurs potentiellement porteurs de la maladie…
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Heureusement, selon le centre national de référence des hantavirus de l’Institut Pasteur, chaque année en France il n’y aurait qu’une petite centaine de personnes hospitalisées. Pour les chercheurs qui travaillent sur ces infections, les personnes les plus exposées aux virus sont celles “qui vivent, travaillent ou pratiquent des activités à proximité d’une forêt ou autres habitats propices aux rongeurs, ainsi que les personnes qui ont des contacts directs ou indirects avec des rongeurs.“
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