Communiqué du 8 avril 2026
Chaque année, plus de 600 000 renards sont tués en France dans un silence quasi total, sans justification scientifique solide ni encadrement cohérent. Face à cette destruction massive, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) engage une procédure juridique unique pour demander à l’État de revoir sa politique et mettre fin à un système aujourd’hui largement contesté. Il est urgent d’obtenir une refonte de la réglementation pour faire cesser ce massacre légal.
Le Renard roux est aujourd’hui l’une des espèces les plus persécutées en France. Tiré, piégé et déterré, il peut être tué toute l’année dans la quasi-totalité des départements métropolitains, sans quota ni suivi officiel des populations. Cette situation, unique en Europe, repose sur un cadre réglementaire dépassé, influencé par des intérêts cynégétiques, et non par l’intérêt général.
Les études sont pourtant claires : tuer les renards ne sert à rien. Les avis de l’ANSES, de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) ou encore du Muséum national d’histoire naturelle démontrent que ces pratiques sont inefficaces, voire contre-productives, notamment sur le plan sanitaire. Au contraire, le renard joue un rôle essentiel dans la régulation des petits rongeurs et l’équilibre des écosystèmes.
En maintenant ce système absurde, l’État méconnait ses obligations en matière de protection de l’environnement et de santé publique. Il autorise et entretient des pratiques contestées et cruelles, largement en décalage avec les connaissances scientifiques actuelles, tout en ignorant les alertes répétées des experts et les attentes majoritaires exprimées par les citoyens.
Dans ce contexte, l’ASPAS demande à l’État d’agir pour d’obtenir un changement réel et durable des pratiques, aujourd’hui injustifiées au regard des enjeux environnementaux et sanitaires. L’ASPAS demande notamment l’arrêt des pratiques les plus cruelles, la fin des destructions systématiques et la mise en place de solutions fondées sur la prévention. Le renard doit être considéré comme un allié, non comme une cible.Cette démarche constitue une première étape. En l’absence de réponse ou en cas de refus, l’association saisira la justice administrative pour faire reconnaître les manquements fautifs de l’État et l’obliger à agir.
« Quand les faits scientifiques sont ignorés, le droit devient un levier indispensable. L’État ne peut plus faire abstraction de la science ni des attentes largement exprimées par les citoyens, et continuer à soutenir des politiques qui ne répondent pas à l’intérêt général. Nous engageons cette action pour faire cesser une politique injustifiable. » Yolaine de la Bigne, porte-parole de l’ASPAS
Le même jour, le mercredi 8 avril, la pétition inter-associative* relative au classement ESOD du Renard roux, portée par un collectif d’associations dont l’ASPAS fait partie, sera examinée à l’Assemblée nationale par la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. La députée Ersilia Soudais a été désignée rapporteuse pour statuer sur la suite à donner à cette pétition. Son inscription à l’ordre du jour témoigne de la montée du sujet dans le débat public et institutionnel, alors que la politique actuelle fait l’objet de critiques croissantes. Cette actualité parlementaire, qui intervient au moment même où l’ASPAS engage une démarche juridique, souligne la convergence des interrogations sur la gestion du renard en France.
Dossier de presse complet sur demande auprès de l’ASPAS
Contact presse : presse@aspas-nature.org / 07.67.36.22.90

* Déclassons la cruauté – Stoppons le massacre injustifié des renards. Cette pétition, signée par plus de 53 000 personnes est portée par plusieurs associations engagées pour la faune sauvage : Focale pour le Sauvage, l’ASPAS, Ferus, One Voice, le Pôle Grands Prédateurs, Aves France, Animal Cross et Faune Alfort, unies pour demander la fin de cette injustice.
Photo d’en-tête de cet article © T. Nazaret

