Samedi 17 janvier, un chasseur septuagénaire a tiré sur une jeune femme de 25 ans qui faisait son jogging sur une voie publique, à Lent, dans le Jura. Si les fautes du tireur font peu de doute, l’État tient également sa part de responsabilité dans cet énième accident de chasse, aucune réforme sérieuse n’ayant été engagée pour mieux protéger les citoyens de ce loisir hautement dangereux.
D’après les premiers éléments de l’enquête, révélés dans la presse, le chasseur n’aurait pas respecté deux règles fondamentales :
- Il a quitté son poste attitré en cours de battue
- Il a tiré en direction d’une route
Les autres manquements que lui reprochent le président de la Fédération de Chasse du Jura, cité par la presse, ne tiennent pas puisque aucune règle ne s’y rapporte dans le schéma départemental de gestion cynégétique 2025-2030 : le tir fichant (en direction du sol) n’est pas mentionné comme étant obligatoire, pas plus que le tir sur une cible située à plus de 100 mètres.
Mais le plus grave, c’est bien le laxisme de l’État qui, non seulement laisse les chasseurs établir eux-mêmes leurs propres règles de sécurité, mais il continue aussi d’autoriser ce loisir le week-end (deux jours qui concentrent à eux seuls 70 % des accidents) et dans des secteurs bien trop proches des routes et des habitations (aucune distance de sécurité n’est fixée au niveau national, et ce alors que les munitions peuvent blesser, voire tuer, à plus d’un kilomètre !)
Autres défaillances flagrantes, parmi d’autres : l’examen du permis de chasser est bien trop simpliste (ex : manquer sa cible n’est pas rédhibitoire !), le test médical annuel n’est pas une nécessité et la limite d’âge maximum pour chasser n’est toujours pas fixée !
Chasse et insécurité : notre recours contre l’État sera jugé ce 5 février 2026
Avec des règles de sécurité plus strictes, un permis plus contraignant, un week-end sans chasse, tant de drames auraient pu être évités. C’est pourquoi l’ASPAS et Un Jour Un Chasseur ont déposé, le 10 octobre 2023, un recours en justice inédit pour mettre l’État face à ses responsabilités.
Cette affaire va enfin être jugée par le tribunal administratif de Paris, ce jeudi 5 février 2026.
Nous espérons, comme tant de victimes traumatisées par la chasse, un jugement qui soit à hauteur de l’extrême gravité de la situation, afin de contraindre l’État à engager, sans plus tarder, une réforme nationale ambitieuse qui ramène ENFIN sécurité et sérénité dans nos campagnes.
* au cours des 15 dernières années, 70 % des non-chasseurs tués l’ont été durant le week-end et près de 40 % l’ont été sur une route ou dans leur jardin. Une limitation temporelle et spatiale de la pratique de la chasse aurait ainsi permis d’éviter la mort de 13 personnes sur les 19 tuées. Elle réduirait aussi significativement le nombre de blessés et les nuisances occasionnées pour les riverains et les promeneurs.

