Dans un communiqué publié le 17 mars 2026, accompagné d’une vidéo prouvant un premier passage à l’acte, la Coordination rurale de Haute-Vienne appelle les paysans du département à détruire les terriers de blaireaux pour lutter contre la tuberculose bovine… L’ASPAS saisira la justice et appelle l’État à intervenir de toute urgence !
Syndicat agricole proche de l’extrême-droite, la Coordination rurale 87 invite tous les agriculteurs de la Haute-Vienne à détruire les terriers de blaireaux sur leurs terres à l’aide… de pelles mécaniques ! Motif : les mustélidés seraient “le principal foyer” de la tuberculose bovine et mettraient en péril la survie de leurs élevages !
Sur sa page Facebook, elle a même osé accompagner son communiqué de presse daté du 17 mars 2026 d’une vidéo totalement hallucinante qui montre la destruction d’un terrier et un drapeau de la CR87 plantée dans le sol, prouvant ainsi publiquement un passage à l’acte récent !
Non seulement leur communiqué est un appel à braconnage massif à peine voilé (“il est important de creuser au plus profond pour détruire toutes les galeries”, “si l’Etat refuse de réguler, les paysans le feront”), mais il est aussi bourré de fake news :
- NON, le véritable réservoir de la tuberculose bovine ce ne sont pas les blaireaux, ce sont bien les troupeaux bovins, comme l’indique le nom de la maladie… L’infection tire son origine des élevages, pas de la faune sauvage. Les blaireaux ne sont que des hôtes secondaires, tout comme peuvent l’être d’autres animaux (cervidés, sangliers, etc.). Si quelques foyers persistent très localement, la France est considérée comme indemne de la maladie, avec seulement 0,1% des élevages touchés sur l’ensemble du pays.
- NON, le blaireau ne pullule pas dans nos campagnes : aucune donnée n’est avancée pour prouver cette affirmation qui, de toute manière, n’a aucune valeur scientifique, le blaireau étant incapable de se reproduire rapidement et en très grand nombre (définition première de “pulluler”). Au contraire, l’espèce a un cycle de reproduction lent, avec 2,4 jeunes par an en moyenne, et comme tout prédateur au comportement territorial, la population s’adapte à son environnement et aux ressources alimentaires disponibles.
- NON, détruire les terriers et leurs habitants ne permet pas de lutter contre la tuberculose bovine ! Non seulement le déterrage est interdit dans les zones infectées par la maladie, mais cette pratique est totalement contreproductive d’après les experts (voir le rapport ANSES de 2019), la maladie risquant de se propager davantage avec la dispersion des blaireaux ! De manière générale, pour lutter contre les zoonoses (rage, dermatose nodulaire pour prendre un exemple très récent…), la vaccination est la meilleure solution plutôt que la destruction de populations.
En publiant cet appel à destruction massive, la Coordination rurale de Haute-Vienne se croit une nouvelle fois* au Far West : elle n’agit dans le cadre d’aucun arrêté préfectoral, la tractopelle est un moyen de chasse évidemment prohibé et à cette époque de l’année la vénerie sous terre des blaireaux est strictement interdite.
En mars, les blairelles sont en pleine saison d’allaitement des petits et les terriers peuvent également abriter des espèces protégées (chauve-souris, amphibiens, chats forestiers…) !
L’ASPAS dénonce avec la plus grande fermeté les méthodes de voyou de la Coordination rurale et annonce déposer plainte contre leurs agissements scandaleux !
Dans l’immédiat, nous appelons les services de l’État à condamner cette énième provocation de la Coordination rurale et à tout faire pour les empêcher de nuire à la biodiversité et à l’environnement !
* Le syndicat n’en est pas à son premier coup d’essai : prime offerte pour les braconniers de loups, lâcher d’animaux sauvages dans un cinéma à Limoges…

Photo d’en-tête de cet article © B. Alliez

