Loups en Haute-Marne : l’ASPAS dénonce le double jeu de l’État !

Dans un courrier adressé au préfet coordonnateur du PNA loup, l’ASPAS alerte sur l’arrivée, en Haute-Marne, d’une brigade de l’OFB spécialisée dans l’abattage de loups… Dans ce département où une seule meute est officiellement recensée, un projet de cohabitation financé par l’État commençait pourtant à porter ses fruits !  


En Haute-Marne, département de plaine de l’Est de la France, où des loups au patrimoine génétique exceptionnel* sont installés depuis 2025, des éleveurs expérimentent, avec le soutien de l’Etat, la mise en place de clôtures dissuasives pour limiter les dommages aux troupeaux.

Un premier bilan, publié le 17 juillet 2026, tend à démontrer l’efficacité du dispositif, la préfecture indiquant que sur les 29 prédations imputées aux loups dans le département, “seules 3 ont eu lieu sur des parcelles protégées, et dans chacun des cas, l’intrusion de loups est probablement due au passage par des trous préexistants sous la clôture”.

Autrement dit, ces clôtures, lorsqu’elles sont correctement installées et entretenues, protègent efficacement les troupeaux. Moins de pertes pour les éleveurs, des prédateurs qui se reportent sur les chevreuils et les sangliers… un début de cohabitation plutôt prometteur.

Même s’il n’est jamais heureux de devoir rendre imperméables de grandes parcelles (pour ne pas entraver la libre circulation de la faune sauvage), la logique voudrait dorénavant que ce système de protection testé avec succès sur certains secteurs soit déployé à plus grande échelle, à travers l’ensemble du département, pour permettre aux éleveurs de protéger plus efficacement leurs animaux sans devoir tirer sur les loups.

Mais l’État est tout sauf logique : alors qu’il se doit de garantir la bonne conservation des loups, localement, tout en agissant pour une meilleure cohabitation avec ces animaux qui occupent une place essentielle dans les écosystèmes, il décide au contraire d’envoyer sur place la Brigade d’Intervention Mobile (BMI) pour leur tirer dessus !

La naissance de 9 nouveaux louveteaux, ce printemps, a semble-t-il réactivé certaines craintes côté éleveurs… Que l’État subisse des pressions émanent de certains syndicats agricoles, et qu’il veuille s’acheter la paix sociale, on n’en doute pas une seconde : c’est hélas la politique irrationnelle qu’il choisit de mener depuis de nombreuses décennies… Mais pour une fois qu’il accompagne, financièrement et techniquement, une initiative encourageante pour promouvoir la coexistence, qu’il ait le courage d’aller jusqu’au bout !

L’arrivée de la BMI, formée pour tuer des loups, a d’autant moins de sens qu’elle coïncide avec la publication de nouveaux travaux scientifiques démontrant l’inefficacité des tirs létaux pour réduire les dommages aux cheptels domestiques…

À lire aussi : Les tirs de loups sont inefficaces pour protéger les troupeaux, selon une nouvelle étude

C’est dans ce contexte que l’ASPAS demande au nouveau préfet coordinateur, Etienne Guyot, d’intervenir pour protéger les loups de Haute-Marne, en empêchant tout tir létal qui risquerait de mettre en péril les nouveaux louveteaux.

Si les clôtures ne suffisent pas, des tirs d’effarouchement peuvent être envisagés, en dernier recours, pour “éduquer” les loups en les dissuadant de s’approcher des troupeaux. Cette technique fait d’ailleurs l’objet du projet Tir-Ex, mené en Haute-Savoie avec des financements publics, où plusieurs loups ont été équipés de colliers GPS pour analyser leurs comportements après avoir subi des tirs de balles en caoutchouc. Or, là aussi l’Etat faillit, puisqu’il a laissé la quasi intégralité de la meute étudiée se faire décimer au cours des derniers mois ! Une situation totalement inacceptable que l’ASPAS n’a pas hésité également à dénoncer, dans un autre courrier envoyé au préfet coordonnateur, le 21 août dernier.

Lire le courrier de l’ASPAS du 31 août :

Lire le courrier de l’ASPAS du 21 août :

* La Haute-Marne est le premier département de France à avoir enregistré, en 2025, la naissance de louveteaux issus de la reproduction entre un loup de lignée italo-alpine et d’un louve germano-polonaise. Plusieurs n’ont pas survécu la première année, mais 9 autres louveteaux sont nés le printemps suivant.


Photo d’illustration © Patrice Schoefolt

Inscription à la newsletter

X