Le 21 août 2026, le nouvel arrêté relatif aux “espèces susceptibles d’occasionner des dégâts” (ESOD) est paru au Journal officiel. Une catastrophe pour la biodiversité, mais un soulagement pour beaucoup de chasseurs et de piégeurs qui peuvent enfin s’adonner à leur macabre loisir : le piégeage et le tir de millions d’animaux sauvages, pour les trois prochaines années… De tous ces animaux injustement persécutés, les renards continuent d’être les cibles n°1 des autoproclamés “premiers écologistes de France”.
Privées de destructions pendant 50 jours, les fédérations de chasse (FDC) attendaient la publication du nouvel arrêté ESOD avec impatience… Dès la nouvelle tombée, le 21 août 2026, beaucoup ont exulté de joie, certaines parlant même de “victoire” !…
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Après une petite recherche menée par l’ASPAS, il apparaît que les FDC sont au moins 54 à avoir communiqué cet été, sur les réseaux sociaux et/ou leur site web, sur la suspension de l’arrêté précédent (qui courait jusqu’au 30 juin 2026) ou sur la parution de la nouvelle liste.
Sur ces 54 communications, 49 sont illustrées avec la photo d’une “ESOD” en particulier ou un montage de plusieurs “ESOD”. Avec 31 apparitions, le renard est de très loin l’animal le plus représenté… 23 photos le montrent même tout seul.

Sur les photos choisies, soit le renard a une proie dans la gueule (oie, lièvre…), pour bien insister sur la menace qu’il représente pour les basses-cours ou le “petit gibier” des chasseurs, soit il est photographié en train de muloter… des petits rongeurs qui font des dégâts aux cultures !
La fédération du Rhône, quant à elle, a carrément choisi un joli renardeau mignon pour accompagner son actualité… Montrer le petit animal baignant dans une flaque de sang, après avoir été totalement déchiqueté par des chiens lors d’une partie de déterrage, aurait été une image plus proche de la réalité – oui, la réglementation “ESOD” permet le déterrage des renards et de leurs petits, à n’importe quel moment de l’année…

La palme de l’ignominie revient toutefois à la Fédération des chasseurs de Seine-Maritime qui, quelques jours avant la parution du nouvel arrêté, a partagé une image générée par l’IA montrant deux personnages se prélassant dans des transats sur la plage : la ministre de l’Ecologie Monique Barbut, sirotant un cocktail, et un renard tout pépère, assis à côté d’elle, pattes croisées et lunettes de soleil sur le museau… L’image est complétée par une pile de documents administratifs où on peut lire “arrêté ESOD en attente”, ainsi qu’un paysage rural avec, tout au loin, une forêt en proie aux flammes…

Plus de liste “ESOD” ? Pas grave, les renards peuvent être tués quand même…
Parmi les fédérations qui ont alerté les chasseurs de la fin de l’arrêté précédent et la suspension des destructions à partir du 1er juillet, plusieurs d’entre elles ont rappelé la possibilité de tuer des renards, jusqu’à l’adoption d’un nouvel arrêté, grâce aux tirs d’été. En effet, les préfets peuvent autoriser la chasse à l’affût ou à l’approche dès le 1er juin chaque année, jusqu’à l’ouverture de la chasse générale en septembre. Plus d’arrêté “ESOD” ? Pas grave, le renard peut être tué quand même ! Il est évident que cette chasse estivale, autorisée quasiment partout en France, n’est en réalité qu’un prétexte pour poursuivre la destruction illimitée de renards hors réglementation “ESOD”…
En 2026, malgré un profond changement de mentalités dans la société, le constat est toujours aussi désespérant côté chasseurs : les renards sont toujours aussi détestés par ceux qui ne voient dans ces petits prédateurs, pourtant utiles aux agriculteurs, que des vermines accusées de s’en prendre à leur “petit gibier” : lapins, lièvres, faisans, perdrix…
D’un point de vue réglementaire, “la protection du petit gibier” n’est pourtant en rien un motif valable pour classer telle ou telle espèce sur ces listes… Or c’est l’accusation principale qui guide la campagne de dénigrement perpétuel menée par le lobby de la chasse. Porteur de maladies, mangeur de poules, d’agneaux… Tout est bon pour maintenir la pression sur les préfets et le ministère de l’Ecologie, afin que le renard reste “nuisible” dans un maximum de départements.
Justice pour les renards : l’État faillit, l’ASPAS agit !
Chaque année, 600 000 renards sont tués légalement en France par la chasse, le piégeage et les battues administratives. Un massacre de masse, 12 mois sur 12, encore largement méconnu de beaucoup de Français. Pour mettre fin à cette situation inacceptable, l’ASPAS a engagé, le 8 avril dernier une démarche inédite face à l’État afin qu’il prenne ses responsabilités et revoie en profondeur sa politique de gestion des renards. Notre objectif : obtenir la fin des abattages injustifiés avec un changement réel et durable des pratiques, aujourd’hui totalement injustifiées au regard des enjeux environnementaux et sanitaires.

Photo d’en-tête © T. Nazaret

