Une louve de Normandie… abattue dans l’arc alpin !

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, une jeune louve a été tuée par un tir de défense dans l’arc alpin… à des centaines de kilomètres de chez elle !


Illégalement capturée, absurdement transférée…

Le 10 mai 2026, une jeune louve avait été retrouvée captive d’un piège à renard sur la commune de Saint-Pierre-des-Jonquières en Seine-Maritime. Sur place, l’OFB, la DDT, les services vétérinaires ainsi que des éleveurs l’ont délivrée du piège, puis l’ont immédiatement transférée vers un parc animalier de Muchedent, supposément pour « surveiller son état de santé » d’après un communiqué de presse de la préfecture. 

3 jours plus tard, le 13 mai, un nouveau communiqué de presse annonçait la décision de relâcher la louve… dans l’arc alpin, soit à des centaines de kilomètres de son lieu de capture ! Une volonté émanant du ministère de la Transition écologique, pour un transfert qui n’a pas traîné puisque celui-ci a été effectué à peine 2 jours plus tard. 

Pour cette jeune louve, les risques associés à ce transfert étaient grands : son introduction « forcée » s’est faite sur un territoire déjà très largement occupé par l’espèce, qui plus est en pleine période de naissances et d’élevage des louveteaux, durant laquelle de fortes tensions existent dans et entre les meutes. S’agissant d’une espèce particulièrement territoriale, les probabilités que la louve soit tuée par d’autres loups ou qu’elle ne parvienne pas à trouver de territoire « libre » où s’installer étaient donc très importantes. 

S’ajoutaient par ailleurs aux menaces liées à son accueil par ses congénères celles découlant de l’hostilité possiblement suscitée par son arrivée dans une région où la présence des grands prédateurs est un sujet brûlant : l’introduction d’un animal supplémentaire ne pouvait en effet manquer d’attiser la colère de certains éleveurs déjà opposés à la cohabitation avec les grands prédateurs, qui demandent plutôt à tirer les loups pour en réduire le nombre – quand ce n’est pas avec l’objectif assumé de les éradiquer tout simplement. 

Face à cette méconnaissance des modalités d’introduction et de relâcher dans le milieu naturel prévues par la loi et aux dangers que faisait peser ce transfert sur cette louve, l’ASPAS a déjà engagé un recours contre la décision du ministère, et plus précisément à l’encontre de la décision du Bureau de l’eau et de la biodiversité, qui a acté le lieu du transfert. 

… puis injustement tuée !

Malheureusement, le triste destin forcé de cette louve d’à peine 2 ans a donné raison à nos inquiétudes : celui-ci s’est achevé dans la nuit du 16 au 17 juillet, lorsqu’un lieutenant de louveterie a mis fin à sa vie par un « tir de défense », alors même que, selon les premières communications de l’OFB, toute responsabilité de cette louve dans des attaques de troupeaux est largement remise en cause. 

Une fois de plus, la réponse apportée à la présence « dérangeante » d’un loup en France s’est muée en une succession de mesures absurdes et disproportionnées, aux conséquences dramatiques. Face à cette tragédie orchestrée, l’ASPAS étudie avec d’autres associations les suites juridiques éventuelles. 

Aujourd’hui encore, l’abattage systématique des loups est privilégié pour « protéger les troupeaux » de la déprédation. Pourtant, les tirs ciblent régulièrement des individus innocents des attaques qu’on leur impute, comme le montre cet exemple, et leur efficacité n’est confirmée par aucune étude voire constituent une réponse contre-productive ! Face à cette ineptie, l’ASPAS rappelle qu’il existe des mesures de protection éprouvées permettant la cohabitation avec les grands prédateurs, dont le retour et l’expansion spontanés représentent par ailleurs une chance précieuse de reconstruire l’équilibre écologique des espaces naturels de notre territoire.


© Photo d’en-tête : V. Cech

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