Et si on remettait la science au cœur du débat sur le loup ?

Samedi 15 novembre, à la Maison de l’Environnement de Lyon), l’ASPAS a organisé une table ronde sur le loup, avec la participation de plusieurs experts, pour rétablir certaines vérités scientifiques dans le contexte de l’affaiblissement de son statut de protection au niveau européen… et bientôt peut-être français.


Pourquoi cette table ronde ?

Plus de 30 ans après son retour spontané en France, le loup provoque toujours autant d’animosité et de débats passionnés dans notre pays. Aujourd’hui, alors que les solutions de  protection des troupeaux et de cohabitation avec le sauvage devraient être encouragées, l’espèce est gravement menacée par une politique de gestion de tirs toujours plus permissive et qui n’est pourtant recommandée par aucun scientifique.

La place du grand prédateur dans les écosystèmes est lui aussi régulièrement passée sous silence, alors que sa présence est une aubaine pour la régénération forestière, la régulation naturelle des ongulés sauvages et le rétablissement des équilibres naturels de manière générale.

L’objectif de cette table ronde, qui réunit plusieurs experts chevronnés de l’espèce, est de donner des clés, loin de toute polémique, aux décideurs politiques locaux confrontés au retour du loup dans leur territoire, d‘évacuer toute contre-vérité et de les aider à surmonter le débat stérile : pour ou contre le loup.

Alors que la France s’apprête à traduire dans le droit national l’abaissement du niveau de protection des loups, la table ronde a aussi été l’occasion d’expliciter les impacts juridiques et opérationnels des nouvelles règles annoncées, sur les loups, mais aussi les éleveurs. 

Intervenants

  • Pauline Briand (modératrice) : journaliste spécialiste des questions environnementales, auteure du livre Le Loup de Valberg
  • Farid Benhammou : docteur en géographie-environnement, enseignant-chercheur, spécialiste géographe des grands carnivores et des conflits géopolitiques liés à leur conservation.  
  • Gilles Rayé : agrégé de sciences naturelles, écologue, coordinateur du programme de recherche METRA, co-fondateur de Rewilding France, ancien chef de la mission biodiversité et service écosystémique au Commissariat Général au Développement Durable.  
  • Roger Mathieu : naturaliste de terrain, co-référent Loup FNE AURA, référent loup FRAPNA Drôme Nature Environnement, coordinateur du Groupe Loup PP Alpes (GLPPA), membre de FERUS, auteur.  
  • Jean-Michel Bertrand : réalisateur, cinéaste animalier et auteur de films documentaires sur le loup.  
  • Alex Lathuillière : docteur vétérinaire, membre de Vétérinaires Pour la Biodiversité (VPB) au sein duquel il a co-fondé et animé le GT LOUP. 

Réécouter la table ronde en intégralité


Photo d’en-tête © Bérengère Yar

Extraits choisis en vidéos

Ci-dessous, retrouvez une série de vidéos courtes sélectionnées et éditées par l’ASPAS, sur plusieurs points cruciaux concernant la situation du loup en France et en Europe.

#1 – Le plafond des tirs de loup

Dans cet extrait, Roger Matthieu et Pauline Briand expliquent la réglementation relative au nombre de loups pouvant être tués légalement chaque année en France. Un taux qui risque d’augmenter en 2026…


#2 – L’évolution du statut du loup

Dans cet extrait, Farid Benhammou intervient pour expliquer le contexte politique autour du déclassement européen du loup :


#3 – La pression des syndicats agricoles

Farid Benhammou décrypte le mécanisme vicieux à l’œuvre en France, où les lobbies font pression directement sur le gouvernement pour obtenir davantage de tirs de loups au niveau local :

#4 – La viabilité des loups en France

avec moins de 500 loups (matures !) en France, l’espèce n’est pas viable.

C’est LE point crucial à comprendre, et qui change tout pour le loup. Depuis des années, en effet, le gouvernement se trompe en prenant comme référence le nombre de 500 INDIVIDUS (jeunes, subadultes et couples reproducteurs !) pour qualifier la bonne conservation de l’espèce… Les explications de Gilles Rayé, écologue qui a travaillé pour le ministère de l’Environnement :

#5 – Tirs de loups et estimation des populations

Dans cet extrait, le vétérinaire Alex Lathuillière évoque l’augmentation du plafond de tirs de loup et les risques portés à la bonne conservation de l’espèce. Gilles Rayé intervient ensuite pour dénoncer les fakes news de ceux qui remettent en question la méthode de comptage des populations, en prenant pour comparaison le thermomètre cassé des climatosceptiques…

#6 – Le rôle écologique du loup

Dans cet extrait, l’écologue Gilles Rayé évoque les premiers résultats d’une étude menée sur le régime alimentaire du loup dans le Parc national du Mercantour. “Le loup fait donc partie de la solution pour réduire les dommages aux forêts ou aux cultures”, conclut-il.

#7 – Le loup, responsable de la fin de la filière ovine… vraiment ?

Jean-Michel Bertrand, naturaliste et réalisateur de la célèbre trilogie documentaire sur le retour du loup dans les Alpes françaises, explique en quoi le retour du prédateur a en réalité permis de redynamiser l’économie pastorale, notamment dans les Hautes-Alpes où il réside.

#8 – Le loup et les chamois

Dans la Drôme, les chasseurs ont voulu nous faire croire que le loup avait mangé tous les chamois… En vérité, l’arrivée du prédateur a juste modifié le comportement de ces derniers ! Les explications de Roger Matthieu, naturaliste, et de Gilles Ray, écologue.

#9 – Le coût du loup

Dans ce dernier extrait, Gilles Rayé revient sur son expérience passée au ministère de l’Ecologie, où il raconte comment l’État s’est totalement désengagé de ses responsabilités dans le dossier du loup…


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