1082 : c’est la nouvelle estimation de la population de Canis Lupus communiquée par l’OFB en cette fin 2025, une moyenne légèrement plus haute que l’estimation de 2024 (1013), mais toujours plus basse que le “pic” de 2023, où 1104 individus avaient été estimés.
En fait, depuis 2022, on constate une stabilisation de la population après la forte hausse qui avait marqué la décennie précédente.
Si la population ne progresse plus, c’est parce que la France a augmenté il y a quelques années le plafond d’abattage annuel à un cinquième de la population (19%, et même 21% si le plafond est atteint avant la fin de l’année), à quoi il faut rajouter la mortalité naturelle (vieillesse, combats entre loups, maladies éventuelles), accidentelle (collisions routières et ferroviaires) et surtout intentionnelle (braconnage).
Les scientifiques estiment qu’il faudrait au minimum 500 loups matures pour assurer la viabilité démographique de l’espèce, soit environ 2500 individus au total.
On en est encore très loin…
La France est un grand pays, avec des massifs et des paysages très diversifiés, une couverture forestière importante et des ongulés sauvages en abondance : il y a largement la place pour que le nombre de loups double, voire triple, pour atteindre ce fameux seuil de viabilité au sein de notre pays.
En plafonnant l’espèce autour de 1000 individus, la France porte clairement atteinte à sa bonne conservation pour les années à venir.
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Que nos gouvernants le veuillent ou non, les loups appellent naturellement à recoloniser les territoires d’où ils ont déjà été exterminés ; il est totalement illusoire de penser qu’une espèce aussi libre, mobile et sauvage que Canis Lupus puisse être cantonnée dans l’arc alpin. On le voit depuis quelques années déjà, à travers des observations de plus en plus fréquentes d’individus isolés aux quatre coins de l’Hexagone, l’arrivée spontanée de nouveaux loups via la Belgique et l’Allemagne, sans oublier les louveteaux nés cette année dans le Limousin et en Haute-Marne, deux territoires (parmi d’autres) mal préparés au retour spontané du grand canidé.
Pour des enjeux de conservation, la France doit absolument permettre à l’espèce de se développer davantage, et pour des enjeux de cohabitation, elle doit mieux accompagner les éleveurs dans les nouveaux fronts de colonisation.
Citoyens, les loups ont besoin de vous !
Jusqu’au 19 décembre, nous avons la possibilité de nous exprimer contre la politique anti-loup du gouvernement en participant massivement à la consultation publique relative au projet de déclassement du loup en France à partir du 1er janvier prochain.
Nous ne le dirons jamais assez fort : le loup doit rester une espèce protégée en France, son rôle écologique doit être reconnu et valorisé, les tirs létaux ne sont pas une solution durable pour protéger les troupeaux et des solutions alternatives devraient être privilégiées pour instaurer une cohabitation plus sereine !
Retirer le loup de la liste des mammifères protégés en France serait une terrible régression écologique !

