En 2026, une nouvelle liste des “Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts” devrait être adoptée par le ministère de la Transition écologique pour les trois prochaines années. Ce classement permet la “destruction” (c’est le terme employé par l’administration…) d’un nombre illimité d’animaux, 12 mois sur 12. Lundi 5 janvier, un courrier argumenté a été envoyé par le Collectif renard Poitou-Charentes aux préfets des quatre départements de l’ancienne région (Deux-Sèvres, Charente, Charente-Maritime et Vienne) pour demander le retrait du petit prédateur de cette liste infâme. Déjà victime de la chasse, le renard classé “ESOD” peut aussi subir le piégeage, le tir et même le déterrage dans les départements qui l’autorisent.
Ci-dessous, retrouvez le communiqué de presse des 20 associations membres du collectif :
Renard non coupable, stoppons l’acharnement.
Dans le cadre du renouvellement pour trois ans des listes d’ESOD (Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts) le collectif renard Poitou-Charentes regroupant plus de 20 structures naturalistes demande au préfet de chaque département du Poitou-Charentes l’arrêt de la destruction des renards, car rien ne le justifie, et donc le retrait du renard de la liste des ESOD.
Écoutons la science et les autorités compétentes, et laissons les renards vivre en paix
- L’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et
du travail (Anses) « considère que le motif sanitaire (pour lutter contre la transmission
de l’échinococcose notamment) ne justifie pas le classement ESOD du renard ». - La fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), demande la révision de la
définition des ESOD, ainsi que la vérification des dégâts et l’amélioration des fiches de déclaration. - Les chasseurs du Doubs associés à la faculté de Besançon constatent qu’avec chasse ou sans chasse, les dégâts n’augmentent pas et la population de renards reste stable.
- L’Inspection de l’Environnement (IDEDD) demande l’abrogation des listes d’ESOD et réclame une approche plus basée sur la connaissance et la prévention.
Soyons pragmatiques
Après des années de chasse et de persécution, avec pourtant un demi-million de renards tués tous les ans, nous ne constatons aucun résultat. Alors que dans le même temps au Luxembourg où l’espèce n’est pas chassée la population de renard reste stable, certaines maladies régressent et il n’y a pas plus de prédation.
Abandonnons nos préjugés
Certes le renard est carnivore mais son utilité n’est plus à démontrer. C’est un prédateur de rongeurs : qui ferait ce travail à sa place ? C’est un équarrisseur et un consommateur de bêtes malades ou faibles. Enfin, le grand public apprécie d’observer ce bel animal.
Encore une fois travaillons plutôt sur la préservation, l’amélioration des milieux, sur la protection des élevages et la réduction des produits toxiques ; la nature s’en portera bien mieux ! Et nous aussi.
Lire le courrier :
Les associations membres du collectif Renard Poitou-Charentes :

A lire aussi : le 10 novembre 2025, une initiative similaire a été menée par le Collectif Renard Grand Est, dont l’ASPAS est également membre.
Photo d’en-tête © F. Cahez

