Consultation publique : dites NON à la chasse au fuligule milouin !

Pour la 2e année consécutive, le ministère de l’Écologie veut offrir aux chasseurs la possibilité de tirer, pour le loisir, jusqu’à 5 000 fuligules milouins au cours de la nouvelle saison de chasse, et ce en dépit des recommandations scientifiques appelant à mettre en place un moratoire sur cette espèce menacée… Refusons ce projet en participant à la consultation publique avant le 19 août 2026 ! 


“L’état de conservation [du fuligule milouin] demeure préoccupant au niveau européen”, explique d’emblée le ministère de l’Ecologie dans sa note de présentation… C’est pourquoi il faut continuer de le chasser ! Logique, non ? …  

En Europe, on estime que les populations hivernantes de ce canard plongeur ont diminué de 36 % en vingt ans et en France, le nombre de couples nicheurs est estimé à environ 15 000 seulement…  

Pour améliorer la conservation de l’espèce, notamment les individus femelles, les scientifiques de la Task Force on the Recovery of Birds (TFRB) recommandent, d’une part, de mettre en place des mesures pour améliorer la qualité des habitats de reproduction et, d’autre part, de suspendre totalement la chasse. Ou, a minima, d’instaurer un moratoire sur la chasse des femelles uniquement…  

Or, plutôt que de suivre ces recommandations, le ministère de l’Ecologie préfère, dans le cadre d’une “gestion adaptive de l’espèce”, continuer à autoriser la chasse du fuligule milouin pour la saison 2026-2027, dans la limite de 5 000 individus, quel que soit leur sexe… Si le projet ministériel parle bien du souci de préserver les femelles, en aucun cas il interdit aux chasseurs de leur tirer dessus, l’article 1 précisant simplement que “le prélèvement des spécimens mâles est privilégié” !   

Seule obligation pour les chasseurs : déclarer leurs prises sur “Chass’Adapt”, une application développée par… la Fédération nationale des chasseurs. Chaque déclaration doit être accompagnée, idéalement, d’une photo de l’oiseau afin de déterminer clairement son âge et son sexe. Mais ils n’ont aucune obligation à le faire…

En résumé : si un chasseur tire sur une femelle reproductrice, il n’est pas en infraction, même si cet acte porte préjudice à la bonne conservation de l’espèce… Par contre, s’il oublie de déclarer son tir, il écope d’une amende !

Pourquoi l’ASPAS est opposée à ce projet 

Retrouvez ci-dessous les arguments de l’ASPAS dont vous pouvez vous inspirer pour rédiger vos contributions à la consultation publique :  

  • L’ASPAS s’oppose à ce projet cynégétique qui va à l’encontre des mesures de conservation recommandées par les scientifiques. Nous demandons au Ministère d’intégrer le fuligule milouin à la liste des oiseaux protégés en France ou, a minima, de décréter un moratoire sur la chasse de cette espèce (mâles et femelles !) tant que son statut de conservation est toujours considéré comme “préoccupant”.  
  • Selon les conditions météo, il peut être particulièrement difficile pour les chasseurs d’identifier les oiseaux sur lesquels ils tirent, surtout quand il s’agit de distinguer clairement, dans le cas du fuligule milouin, un mâle d’une femelle. S’ils doivent théoriquement toujours identifier leur cible avant de tirer, sur le terrain la réalité est évidemment différente, de l’aveu même de certains chasseurs… 
  • Dépendre d’une application smartphone, gérée par les chasseurs eux-mêmes, pour garantir le respect du quota de 5 000 spécimens est bien illusoire, d’autant que et l’Office français de la biodiversité ne dispose clairement pas assez de moyens pour effectuer des contrôles réguliers auprès des chasseurs sur le terrain… Quid des spécimens blessés qui ne sont pas récupérés par les chasseurs ni leurs chiens ?  
  • Dans un contexte d’effondrement de la biodiversité, la protection des espèces menacées devrait toujours primer sur le loisir de la chasse !

Vous avez jusqu’au 19 août pour déposer votre avis.  
Merci pour votre participation !  

Photo du fuligule milouin © F. Cahez

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