URGENT : dites NON aux énièmes mesures anti-loup !!!

La France continue de mener sa guerre féroce contre les loups… Tirs dans les réserves naturelles, captures et déplacements d’individus, lunettes thermiques pour les chasseurs, etc. : de nouvelles atteintes scandaleuses à Canis Lupus, espèce pourtant « protégée », s’apprêtent à voir le jour… Dénonçons, une fois de plus, la politique destructrice du gouvernement, en participant aux deux consultations publiques ouvertes jusqu’au 22 novembre !


Révélées le 30 octobre, les nouvelles mesures anti-loups sont, en grande partie, la conséquence directe de l’adoption de la très controversée loi d’urgence agricole promulguée le 18 août 2026. L’ASPAS s’était beaucoup vivement battue contre ce texte cauchemardesque pondu par les lobbies de l’agro-business, FNSEA en tête. Bourré de régressions environnementales, son article 39 est tout droit dirigé contre le grand prédateur.  

Concrètement, deux arrêtés actuellement en vigueur s’apprêtent à être (re)modifiés : 

  • L’arrêté du 23 octobre 2020 “fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année” 
  • L’arrêté du 23 février 2026 “définissant le statut de protection du loup et fixant les conditions et limites de sa destruction”  

Ce qui risque de changer pour les loups  

Consultation n°1 :

  • La notion de plafond “maximum” va disparaître : si le plafond de tirs fixé à 21% de la population n’est pas atteint à la fin de l’année, et que l’estimation des effectifs de loups n’a pas baissé, la différence sera reportée sur le plafond de l’année suivante…  Exemple : sur un plafond de 227 loups, si 200 loups “seulement” ont été tués à la fin de l’année, 27 loups seront ajoutés au plafond de l’année suivante !

=> Pourquoi c’est grave : mettre en place une telle gestion adaptative, c’est transformer le plafond en véritable quota de chasse, comme objectif à réaliser. En ce faisant, l’Etat veut clairement empêcher la population lupine de croître et d’atteindre son seuil de viabilité en France (entre 2000 et 3000 loups) !  

Pour vous opposer à cette mesure, participez à la consultation publique avant le 22 novembre !

Consultation n°2 :

  • La capture, l’enlèvement et le transport de loups sera désormais possible, soit pour un motif de “bien-être animal”, soit pour un motif de “protection de la sécurité publique”… Jusqu’à présent, ces dispositions n’étaient autorisées que à des seules fins de recherche scientifique. 

=> Pourquoi c’est grave : assouplir les possibilités de capturer des loups est la porte ouverte à toutes sortes d’abus… Ce serait, par exemple, donner un cadre légal à des affaires comme celle de la louve capturée par erreur en Normandie, puis relâchée à des centaines de kilomètres plus loin, dans les Alpes. Ce serait entraver la dispersion naturelle du prédateur, et refuser toute idée de cohabitation avec le prédateur…   

  • Le transfert de certains pouvoirs décisionnaires du préfet coordinateur du PNA loup aux préfets des départements 

=> Pourquoi c’est grave : alors que le préfet coordinateur est garant de la bonne mise en œuvre du PNA, les préfets des départements sont bien perméables aux pressions des lobbies de l’agriculture intensive et de la chasse 

  • Tous les tirs de défense seront exemptés d’autorisations préalables, au profit du système de simples déclarations avec récépissés. Cela concerne notamment les troupeaux bovins et équins et la reconnaissance de leur caractère non-protégeable…   

=> Pourquoi c’est grave : en laissant les éleveurs / chasseurs tirer sur les loups, sur simple déclaration, c’est non seulement augmenter les chances de tuer des loups, c’est aussi favoriser la recrudescence du braconnage    

  • Les tirs de défense seront autorisés dans les réserves naturelles et les zones cœur des parcs nationaux dans lesquels la chasse est autorisée !   

=> Pourquoi c’est grave :  permettre l’abattage de loups jusque dans les parcs et réserves, des zones censées être dédiées à la protection de la nature, c’est franchir une ligne rouge inacceptable et vider de leur sens ces aires soi-disant “protégées” ! Cela pose aussi indirectement la question du pastoralisme encouragé dans ces aires “protégées”, et de la place que l’on souhaite vraiment donner à la faune sauvage…  

  • La généralisation des lunettes thermiques pour tirer plus facilement les loups la nuit ! Autrefois réservés aux seuls agents de la Brigade loup de l’OFB, puis ouverts aux lieutenants de louveterie, ces systèmes de détection visuelle vont être dorénavant élargis aux éleveurs eux-mêmes, sous conditions (notamment : avoir un permis de chasse valide, avoir suivi une formation délivrée par l’OFB, et avoir participé à au moins une opération de tir de défense) 

=> Pourquoi c’est grave : confier du matériel quasi-militaire aux éleveurs et aux chasseurs, c’est poser des problèmes de sécurité publique (tirs nocturnes, sur des cibles difficilement identifiables) et c’est surtout aggraver le risque de braconnage !  

  • Les tirs de prélèvement, véritables battues aux loups, pourront désormais reprendre à partir du 1er juin, au lieu du 15 juin précédemment. La période de répit accordée aux loups, en période de reproduction (qui commence le 1er avril), se voit donc écourtée de 15 jours…  

=> Pourquoi c’est grave : en juin, si une louve est tuée par un tel tir, les chances de survie de ses petits sont encore plus amoindries. Début juin, des louveteaux qui se retrouveraient orphelins ne sont en effet en aucun cas en âge de se nourrir seuls…

Pour vous opposer à ces mesures, participez à la consultation publique avant le 22 novembre !

Notons, en outre, que le ministère n’a pas mis à disposition du public l’avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) !

La position de l’ASPAS  

AVIS DÉFAVORABLES ! Taillées sur mesure pour les lobbies de l’agro-industrie, ces nouvelles atteintes aux loups ne visent, une fois de plus, qu’à s’acheter la paix sociale avec le monde de l’élevage qui a fait du loup le bouc émissaire de la crise agricole. Surtout, elles affichent clairement la volonté du gouvernement d’empêcher non seulement la dispersion naturelle des loups en France, mais aussi la conservation de l’espèce, ce qui est proprement gravissime et contraire aux engagements européens de notre pays ! En effet, avec une population estimée à 1 100 loups à peine, en France, le seuil de viabilité de Canis Lupus est loin d’être atteint (estimé à 2 000 individus minimum, soit 500 adultes sexuellement matures).  

Une fois de plus, nous appelons l’Etat à la raison : non seulement il met gravement en péril une espèce protégée dont il tenu de garantir la bonne conservation, mais il met également à mal tous les efforts de cohabitation entrepris par une partie des éleveurs depuis le retour du prédateur en France… Aucune étude, en effet, ne démontre l’efficacité des tirs létaux pour protéger les troupeaux. Pire : une étude récente tend même à démontrer qu’ils peuvent être contreproductifs !  

L’ASPAS demande :  

  • Le rétablissement de la protection stricte des loups et un réseau de surveillance renforcé pour prévenir tout acte de braconnage.   
  • Des moyens publics accrus alloués à la recherche, l’information, la médiation et l’accompagnement des différents acteurs sur le terrain en vue d’une meilleure coexistence avec le loup sur le territoire.   
  • La fin des tirs létaux et le déploiement généralisé des mesures de protection efficaces.  
  • Une meilleure anticipation du retour des loups dans leurs territoires d’expansion avec la création systématique de Comités Départementaux Loup. 
  • Des troupeaux domestiques plus petits et plus faciles à gardienner (500 animaux maximum) avec des modes de conduite adaptés à la présence de grands prédateurs (chiens et personnel pastoral en nombre suffisant).   
  • Une meilleure reconnaissance du rôle écologique des loups pour l’équilibre des écosystèmes. 

Stop aux tirs létaux ! Protégeons les troupeaux tout en protégeant les loups ! Apprenons à coexister avec les grands prédateurs, sachons apprécier leur précieux rôle écologique, laissons-leur la place qui est la leur !  

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