Chasse, incendies et sécheresse : les préfets répondent à l’ASPAS

Sur les 44 préfets officiellement interpellés par l’ASPAS courant août, seulement 10 ont répondu à nos courriers. Aucun (ou presque) n’a pris la décision de suspendre la chasse dans son département !


Alors que l’été 2026 a été marqué par des épisodes de canicule, de sécheresse et d’incendies d’une intensité exceptionnelle, l’ASPAS a demandé à 44 préfets de suspendre la chasse d’été et de reporter l’ouverture générale de la chasse dans les territoires les plus impactés. Sur les 44 préfets sollicités, seuls 10 nous ont pour le moment répondu.  

Les 10 réponses reçues varient dans leur forme, mais concordent sur le fond : malgré la gravité des événements climatiques, l’État refuse presque partout d’accorder le moindre répit à la faune sauvage…  

Dans l’Aisne, la Loire, le Tarn, la Haute-Vienne, l’Hérault ou encore l’Indre, les préfectures ont toutes rejeté les demandes de suspension ou de report de la chasse. Les arguments avancés sont récurrents : absence de mortalité massive observée, retour des pluies dans certains secteurs, ou encore nécessité de poursuivre la régulation du “grand gibier” (cerfs, chevreuils, sangliers, mouflons).  

Pourtant, comment ignorer les conséquences à court à et moyen terme d’un été durant lequel de nombreux milieux naturels ont subi un stress hydrique extrême ? Comment prétendre que la faune n’a pas été affectée alors que la nourriture et les points d’eau se sont raréfiés, que les habitats ont été fragilisés, et que les incendies ont détruit des espaces de refuge essentiels à la biodiversité ? L’absence de données exhaustives sur l’état des populations ne peut être utilisée comme prétexte à l’inaction lorsque le principe de précaution devrait s’imposer. 

Certaines réponses reconnaissent d’ailleurs implicitement la réalité du problème. Dans la Drôme, les secteurs incendiés du Diois ont fait l’objet d’interdictions d’accès incluant la chasse. Dans l’Hérault, un arrêté a suspendu la chasse sur l’étang de Capestang à la suite d’un épisode de botulisme. Ces mesures démontrent qu’une adaptation locale est possible lorsque les autorités reconnaissent les conséquences des crises environnementales.  

Quand la tradition l’emporte sur la raison 

Aucune préfecture n’a pourtant accepté une suspension généralisée de la chasse. À croire que ce loisir, par magie, n’est pas concerné par le dérèglement climatique ! Alors que la faune sauvage paie déjà un lourd tribut aux canicules, aux sécheresses et aux incendies, le maintien de la chasse comme si de rien était semble demeurer une priorité intangible, une tradition indétrônable… 

Pour l’ASPAS, cette posture gouvernementale est non seulement irrationnelle, elle n’est plus tenable. Année après année, les effets du changement climatique vont aller en s’aggravant et la faune sauvage est en première ligne pour en subir les conséquences. Plus que jamais, il est nécessaire de repenser les calendriers cynégétiques pour les adapter aux réalités écologiques du XXIe siècle et accorder enfin à la biodiversité la protection qu’elle mérite !  


On ne chasse pas des victimes affaiblies : mobilisons-nous le 24 octobre à Paris !  

Pour dénoncer l’immobilisme de l’État, une marche unitaire et inte-rassociative est prévue le 24 octobre prochain, à Paris, à l’initiative de change.org, la plateforme qui héberge la pétition citoyenne “Pas de fusils sur les cendres !” lancée le 14 juillet dernier par Bruno Valentin.

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