Bilan de l’insécurité 2025-2026 : la chasse blesse toujours autant !

Dans son dernier bilan* de l’insécurité liée à la chasse, qui concerne la saison 2025-2026, l’OFB se félicite d’un nombre d’accidents mortels historiquement bas, avec 4 morts seulement – tous chasseurs. Mais avec 92 accidents corporels recensés (soit 12 de plus qu’en 2020 et 14 de plus qu’en 2022 !), la chasse blesse toujours autant. Parmi les non-chasseurs, on compte même un blessé grave supplémentaire par rapport à la saison précédente…  

Le non-respect de l’angle des 30 degrés reste la cause principale des accidents. Or il faut savoir que cette règle, qui restreint le champ de tir des chasseurs postés en battue pour des raisons évidentes de sécurité, n’est imposée par aucune réglementation à l’échelle nationale ! Seuls certains schémas départementaux de gestion cynégétique la rendent obligatoire… C’est comme si, sur la route, certains départements permettaient légalement de griller les panneaux STOP !!! 

Par ailleurs, l’OFB note pour la dernière saison de chasse un nombre très élevé d’ “incidents”, ce qui n’est pas près d’arranger le sentiment d’insécurité des ruraux et des promeneurs à l’automne et en hiver, surtout que la majorité d’entre eux surviennent lors des battues au gros gibier pour lesquelles les chasseurs utilisent des armes plus puissantes et dangereuses…  Tirs vers les maisons, vers les voitures, sur des animaux domestiques : 122 de ces “incidents” ont été comptabilisés lors de la saison 2025-2026, un chiffre nettement supérieur à la moyenne des 15 dernières années (= 99) ! 

Si nous mettons le terme “incident” entre parenthèses, c’est parce que nous le réfutons : tirer sur une maison n’a rien d’anodin, et même si la balle qui traverse la baie vitrée d’un salon ne tue ni ne blesse personne à l’intérieur, cela reste un acte gravissime et totalement inacceptable ! Sur le plan psychologique, la balle qui s’encastre dans le mur d’une chambre à coucher est peut-être même plus traumatisante encore que la balle qu’on entend siffler tout près de soi lors d’une promenade à la campagne : la balle entre chez moi, dans mon foyer, soit l’endroit où je devrais logiquement me sentir le plus en sécurité ! Il est évident que pour les personnes qui sont victimes de telles bavures, le traumatisme peut être profond et durable.  

L’ASPAS réfute également le terme “incident” s’agissant des animaux domestiques victimes des chasseurs : les chiens, les chats, les chevaux, les ânes et autres cibles innocentes sont des êtres vivants, ils sont tout autant sensibles à la douleur que nous les humains, et il est parfaitement choquant de minimiser de la sorte la vie animale !  

Autre profond sujet d’inquiétude : pour la première fois dans son bilan sur les accidents de chasse, l’OFB donne des chiffres précis sur la distance des tirs. On apprend ainsi que la distance moyenne des “incidents” est de 214 mètres, “avec des extrêmes allant jusqu’à près de 2000 mètres” (!) 

Deux enseignements à tirer de cela :  

Premièrement, ce bilan confirme bien que certaines munitions peuvent être dangereuses jusqu’à 2 km, comme l’ASPAS le dénonce depuis longtemps ! Un état de fait qui, logiquement devrait inciter l’État à mieux protéger les citoyens par la mise en place d’un périmètre de sécurité d’au moins 3 km autour des habitations. Or, s’il est interdit de tirer en direction des routes et des habitations, aucun texte n’impose de distance de sécurité autour des différentes infrastructures. Rappelons en effet, que la fameuse règle des 150 mètres interdits à la chasse autour des habitations dans les communes soumises à ACCA, n’est en rien une règle de sécurité : c’est une règle ayant seulement trait au territoire de chasse…      

Deuxièmement, il est évident que plus le tireur est loin de sa cible, moins il peut l’identifier correctement, aucun texte ne lui imposant d’utiliser une lunette de tir sur sa carabine avec tel grossissement ou telle définition d’image. Or, si la loi oblige bien le chasseur à clairement identifier sa cible avant de tirer, aucun texte n’impose non plus de distance maximale à partir de laquelle il peut déclencher son tir ! Légalement donc, rien ne l’empêche de viser un renard situé à plus d’un kilomètre de sa position, par exemple…   

L’ASPAS exige une réforme en profondeur de la chasse !  

L’État, en se refusant à toute réforme courageuse et ambitieuse de la chasse, tient clairement une grande responsabilité dans l’augmentation des accidents et incidents liés à ce loisir. Pour ramener de la sérénité dans nos campagnes, l’ASPAS réclame au minimum deux mesures fortes : un jour sans chasse au niveau national (le dimanche, jour qui concentre le plus d’accidents), ainsi qu’un périmètre de sécurité d’au moins 3 kilomètres autour des habitations !  

L’ASPAS demande aussi à l’État davantage de transparence sur la périodicité des accidents. D’après les statistiques* des accidents médiatisés en 2024-2025, 48% des accidents sont survenus le dimanche, 21% le samedi. Soit 7 accidents sur 10 provoqués le week-end. Pas étonnant qu’une majorité de Français renonce ensuite à sortir le week-end en période de chasse !    


* Source : OFB – Réseau national sécurité à la chasse, bilan 2025-2026
** Chiffres calculés par l’ASPAS, sur la base de 38 accidents de chasse rapportés par les médias.     

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