Pourquoi une pétition pour les renards ?
600 000. C’est le nombre de renards tués chaque année en France par la chasse et le piégeage. Victimes d’une persécution injuste liée à leur mauvaise réputation, ces petits prédateurs jouent pourtant un indispensable rôle écologique au sein des écosystèmes et se révèlent de précieux alliés sanitaires et même économiques.
Pour faire cesser cet acharnement absurde, l’ASPAS demande à l’État français qu’il prenne ses responsabilités et revoie en profondeur sa politique de gestion du renard, dans le respect de ses obligations en matière de protection de l’environnement et de santé publique.
Dans un courrier transmis au ministère de la Transition écologique, l’ASPAS demande notamment l’arrêt des pratiques les plus cruelles, la fin des destructions systématiques et la mise en place de solutions fondées sur la prévention. Cette démarche constitue une première étape. En cas de refus de l’État de prendre les mesures qui s’imposent, l’ASPAS portera son action pour les renards devant la justice.
Les renards doivent être considérés comme des alliés, non comme des cibles.
Signez notre pétition pour appuyer notre demande auprès du ministère de l’Écologie ! Plus nous aurons de signatures, plus nous aurons de chances d’obtenir les changements qui s’imposent pour faire cesser ce massacre légal à l’encontre des renards en France !
Pour en savoir plus sur l’action engagée par l’ASPAS, lisez notre article dédié « Justice pour les renards : l’État faillit, l’ASPAS agit ! »
#JusticePourLesRenards – Les demandes de l’ASPAS
À l’attention de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature,
- Considérant que la France est le pays d’Europe occidentale comptant le plus d’espèces chassables, et qu’y sont acceptés de nombreux modes de chasse dont certains particulièrement cruels, voire interdits dans d’autres pays, tels que la chasse à courre ;
- Considérant que, dans ce cadre, le Renard roux compte parmi les espèces les plus persécutées, pouvant être chassé selon tous les modes de chasse légaux en France pendant une période exceptionnellement longue, dérogeant au droit commun de la chasse ;
- Considérant que la viande de renard n’est pas culturellement consommée en France et que la plupart des abattages ne sont pas réalisés pour juguler d’éventuels dégâts imputés à l’espèce et que, par voie de conséquences, la chasse de renards s’inscrit historiquement dans le cadre d’une chasse de loisir ;
- Considérant que le Renard roux peut être classé “espèce susceptible d’occasionner des dégâts”, statut ouvrant la possibilité d’abattre un nombre indéfini de renards et aboutissant donc au maintien d’une activité de destruction durant la période de fermeture de la chasse dans la quasi-totalité des départements métropolitains ;
Tout cela alors même que :
- Les renards jouent un rôle écologique particulièrement crucial : en tant que prédateurs et régulateurs naturels, ils participent activement à l’équilibre de l’environnement, et représentent un maillon essentiel de nos écosystèmes. Or, les prélèvements dont ils font l’objet peuvent entraîner des déséquilibres en cascade, affectant la flore comme la faune.
- Les renards sont également de précieux alliés de l’agriculture, grâce à leur importante consommation de micromammifères qui peuvent être à l’origine de dégâts aux cultures et prairies, un apport reconnu par le Conseil d’État dans sa décision n° 480617 rendue le 13 mai 2025 portant sur l’arrêté du 3 août 2023 fixant la liste des ESOD.
- La régulation des renards ne peut répondre efficacement à des impératifs sanitaires, pourtant régulièrement invoqués pour justifier leur abattage. Que ce soit dans le cadre de la lutte contre la rage vulpine, l’échinococcose alvéolaire ou la gale sarcoptique, de nombreuses sources sérieuses (ministère de la Transition écologique lui-même, études scientifiques, ANSES…) montrent l’inefficacité voire la contre-productivité de l’abattage des renards. Et au contraire, ceux-ci jouent un rôle important dans la régulation de certains risques sanitaires pesant sur les humains, comme la maladie de Lyme qu’ils pourraient contribuer à limiter grâce à leur consommation de mammifères eux-mêmes infectés.
- La chasse semble inefficace pour réduire les dégâts avicoles imputés aux renards, au contraire des mesures de prévention qui passent par la protection suffisante des installations. Par ailleurs, les individus abattus dans le cadre de leur classement ESOD ne sont pas forcément à l’origine des dégâts reprochés, leur identification étant particulièrement délicate, sauf prise immédiate sur le fait, comme le soulignaient déjà des scientifiques en 2003 (Gros L., P. Stahl, S. Ruette, J. Morand, D., Grandjean, L., Gigout, C., Boucault, J., Pelus, T.,Peytron & D. Rousette (2003). L’impact de la prédation sur la production en plein air de volaille de Bresse. Faune Sauvage, 258:41-46).
- La prédation et l’impact négatif sur les espèces de petits gibiers fréquemment reprochés aux renards, de même que l’efficacité des prélèvements de renards dans le but de réduire ces prédations, ne sont pas démontrés et ne permettent donc pas de justifier une telle politique et chasse et de destruction de l’espèce.
- Les rares études ayant évalué les effets des prélèvements des ESOD sur leurs populations n’ont pas montré d’effets sur les populations de renards répondant aux attentes justifiant le classement de l’espèce. Aucun constat scientifique ne permet donc de justifier la destruction des renards pour réguler leur population.
- Par sa gestion actuelle du Renard roux, l’État français manque à plusieurs des obligations lui incombant au titre de la protection de l’environnement et de la protection de la santé publique :
- Les multiples périodes et modes de chasse et de destruction ouverts à l’encontre du renard permettent de tuer chaque année plusieurs centaines de milliers d’individus, portant ainsi atteinte au droit proclamé par la charte de l’environnement qui garantit à chacun « le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » et qui dispose que « toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement » ;
- La règlementation actuelle en matière de gestion du Renard roux contrevient à de nombreuses obligations énoncées par le Code de l’environnement, dont le principe de solidarité écologique, le principe de complémentarité, la recherche d’un objectif de développement durable, le principe de prévention, le principe de précaution et le droit à l’information et à la participation du public pour tout projet ou décision ayant une incidence sur l’environnement.
- Le caractère sensible des animaux, reconnu dans le code rural et de la pêche maritime, le code civil ou encore certains articles du code pénal, qui vaut aussi pour les animaux sauvages, y compris considérés comme « nuisibles » ainsi que le constate l’arrêté ministériel du 29 juillet 2007 relatif au piégeage qui tient compte des souffrances des animaux sauvages piégés, est ignoré par de nombreuses pratiques aujourd’hui rendues possibles en France alors même qu’elles sont sources d’immenses souffrances pour les individus qui en font l’objet.
- Le droit de la santé publique interdit à l’administration de prévoir des mesures impactant l’environnement et la santé sans démonstration scientifique sérieuse, sans prise en compte de l’expertise publique compétente et sans analyse cohérente des effets environnementaux et sanitaires indirects de ces mesures ; or, les études récentes concluant au rôle bienfaiteur des renards dans la limitation de la propagation de certaines maladies et l’inefficacité de leur abattage pour lutter contre d’autres sont ignorées par la politique de gestion de l’espèce.
- L’abattage massif des renards contrevient enfin au Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal, adopté en 2022 lors de la COP15 biodiversité, qui prévoit la réduction des risques liés à la pollution et aux pesticides et produits chimiques par l’appui sur les rôles écosystémiques majeurs joués par la biodiversité et les équilibres naturels, dont les renards sont un maillon essentiel, ainsi que l’indiquent les études les plus récentes concluant à leur statut d’alliés précieux de l’agriculture, notamment dans la régulation naturelle des micromammifères.
Tous éléments portés à votre connaissance par le biais d’une lettre recommandée avec accusé de réception adressée à votre attention le 10 avril 2026, menant à la conclusion suivante : les multiples mesures de chasse et de destruction du renard ne se justifient nullement d’un point de vue scientifique et technique, pas plus que sur le plan financier, tandis que les bénéfices tirés de la présence du renard, l’absence d’évaluation de l’efficacité de sa chasse et de sa destruction pour répondre aux objectifs de réduction des dégâts agricoles ainsi que les risques que ces mesures actuelles de gestion de cette espèce font peser sur la santé publique, mis en balance avec les obligations incombant à l’État français en matière de protection de l’environnement de protection de la santé, commandent que soit prise toute mesure utile permettant désormais la mise en place d’une gestion adaptée du renard.
En ce sens, l’ASPAS demande :
- Que soit mis fin aux exceptions et dérogations qui sont devenues la règle en matière de chasse du renard, et notamment :
- La chasse anticipée en été pendant la période d’élevage des jeunes, afin de laisser les renards assurer au mieux leur rôle d’auxiliaire de l’agriculture ;
- La chasse en temps de neige ;
- Que soit pris en compte le rôle du renard d’auxiliaire des cultures en tant que prédateur de micromammifères dans le cadre de la règlementation relative à la chasse comme cela est déjà prévu en matière de règlementation ESOD, en application de l’arrêté du 14 mai 2014 relatif au contrôle des populations de campagnols nuisibles aux cultures ainsi qu’aux conditions d’emploi des produits phytopharmaceutiques contenant de la bromadiolone ;
- Que le Renard roux soit retiré de la liste ESOD, ou, a minima, que les modalités de destruction autorisées dans le cadre de la règlementation ESOD soient modifiées en restreignant le classement du renard aux seuls abords des activités susceptibles de subir des dégâts imputables à l’espèce ;
- Que soit prévue l’obligation de mettre en place des solutions alternatives tenant à la protection des élevages, afin que les méthodes létales ne soient plus employées qu’en dernier recours (la protection des poulaillers étant le moyen le plus efficace de réduire la prédation des renards plutôt qu’un contrôle plus important de ces derniers) ;
- Que soient interdites les pratiques les plus cruelles et non sélectives à l’encontre des renards, notamment le déterrage et la vénerie sous terre, la chasse à courre et les pièges tuants et mutilants, et a minima, que le déterrage soit exclus des modalités de destruction des ESOD (un certain nombre de départements ayant déjà exclu cette modalité de destruction en vertu du nouvel article 3 de l’arrêté du 3 août 2023 fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des ESOD) ;
- Que soit revu le niveau de protection appliqué dans les espaces protégés (réserves et parcs naturels nationaux et régionaux) afin de ne plus y permettre l’abattage des renards.
