Non à la loi Duplomb, et non à une Duplomb 2 ! 

L’ASPAS, qui s’était déjà mobilisée contre le retour des pesticides tueurs de la première loi Duplomb, en 2025, s’indigne du nouveau projet du sénateur Républicain, et appelle à rejoindre les nouvelles manifestations organisées partout en France les 7, 8 et 11 février ! Ci-dessous, l’appel* lancé par un collectif de plus de 80 associations, syndicats paysans et scientifiques contre les dangers des néonicotinoïdes pour l’environnement et notre santé.


Les mobilisations agricoles contre la dermatose nodulaire et le /MERCOSUR ont montré que la Loi Duplomb ne répond à aucune des réelles problématiques qui se posent aux mondes agricoles. Pire, de nombreux acteurs de l’agriculture industrielle, notamment la FNSEA, s’en servent pour pousser leur agenda en faveur d’une accélération de l’industrialisation de l’agriculture, au profit d’une minorité de grands exploitants et au prix de reculs environnementaux majeurs et dans le plus total mépris de la santé publique.

De nombreuses mesures soit disant “en réponse aux mobilisations” ont été annoncées par le gouvernement ces dernières semaines. Il est essentiel d’en informer l’ensemble des citoyennes et citoyens et de s’y opposer fermement : 

  • L’annonce d’une loi d’urgence agricole par Sébastien Lecornu, qui ne répond qu’aux exigences de la FNSEA. Ce texte devrait contenir des mesures supplémentaires sur l’eau qui faciliteraient son accaparement par une minorité d’irrigants. Par ailleurs, le flou concernant “les moyens de production” et le sens donné à ce terme, tant par le Premier Ministre que pour le syndicat majoritaire est  particulièrement préoccupant : il serait impensable que cela ouvre la voie à la réintroduction des néonicotinoïdes, dont l’acétamipride, alors que plus de 2 millions de citoyens et citoyennes et des centaines de scientifiques et de professionnels de santé se sont mobilisés contre cette mesure, qui fut censurée par le Conseil constitutionnel. Cette volonté est clairement affichée par les acteurs de l’agriculture industrielle depuis cette censure. Laurent Duplomb a d’ailleurs annoncé, vendredi dernier, son intention de déposer de nouveau un texte visant à réintroduire l’acétamipride, probablement par voie d’amendement au projet de loi agricole.
  • Les annonces visant à porter atteinte à la protection de l’eau, notamment la mise en place d’un moratoire immédiat sur les décisions liées à la politique de l’eau, suspendent l’ensemble des décisions, y compris locales et bloquant donc l’adoption d’une mesure dans le bassin de la Vilaine visant à interdire un pesticide autour des aires de captage. Parallèlement, la tentative affichée de saper la “directive Nitrates” au niveau européen, accompagnée d’instructions aux préfets pour chercher des “dérogations”, constitue un coup sévère porté à la lutte contre la pollution des eaux par les épandages d’engrais.

Dans le même temps, les attaques se multiplient au niveau européen avec le paquet législatif (appelé “Omnibus”), soutenu par les lobbies de l’agriculture industrielle et et avec l’assentiment du gouvernement français, qui ouvrirait la voie à une autorisation quasi illimitée de certains pesticides. De nombreuses données sanitaires montrent pourtant un lien alarmant avec la multiplication des pathologies, notamment l’épidémie de cancers et l’émergence de maladies neurodégénératives fortement aggravées par la multi-exposition aux pesticides, dont les paysans et paysannes sont les premières victimes, et autres substances toxiques. 

Ces annonces inadmissibles démontrent que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et la Ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, ont fait le choix d’ignorer délibérément la mobilisation citoyenne inédite des plus de 2 millions de signataires contre la loi Duplomb. Une mobilisation massive qui devrait peser sur les nouvelles orientations à donner aux choix des politiques publiques agricoles et alimentaires. Pourtant, le débat sur la pétition contre la loi Duplomb ne cesse d’être reporté tandis que, dans le même temps, le gouvernement accélère la mise en œuvre des décrets ICPE, visant à intensifier encore l’industrialisation de l’élevage et cela malgré une forte mobilisation contre ces décrets d’application.

Le gouvernement parie sur l’essoufflement de la mobilisation citoyenne et sur l’effacement progressif de ses revendications. C’est le 11 février, l’Assemblée nationale débattra enfin de cette pétition citoyenne : nous serons toutes et tous mobilisés pour obliger le gouvernement à s’expliquer de son renoncement à protéger notre santé et la majorité des paysans et paysannes.

À l’inverse, le lendemain, le 12 février, un texte de loi visant l’interdiction des pesticides autour des aires de captage d’eau potable qui sera examiné. Cette mesure constitue un levier majeur de protection de l’environnement et de la santé publique et permet d’alléger les communes des charges exorbitantes pour dépolluer l’eau destinée à la consommation. 

Face à toutes ces menaces, et en prévision des débats du 11 et du 12 février sur l’agriculture, nous, collectifs de victimes des pesticides, organisations paysannes, environnementales et de santé environnementale, syndicales de travailleurs, associations des citoyens et citoyennes et des consommateurs et consommatrices, appelons la société civile à rappeler et montrer leur ferme opposition aux politiques d’industrialisation de l’agriculture : Non à la loi Duplomb, et non à une Duplomb 2 ! Non à ce modèle dominant qui détruit l’environnement, la santé publique et entraîne la paupérisation ainsi que la disparition des paysans et paysannes.

Ce que nous voulons : la garantie d’un revenu digne aux agriculteurs, aux agricultrices, aux éleveuses et aux éleveurs, tout en protégeant notre environnement et notre santé. Personne n’accepte le risque de tomber malade pour préserver une filière industrielle et ses profits. Mobilisons-nous et exigeons de décider par nous-mêmes, citoyennes et citoyens, paysans et paysannes, de ce que nous produisons et de ce que nous mangeons ! 

* appel publié pour la première fois par le média Vert, le 3 février 2026

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