Près de chez moi, je vois souvent un corbeau dans une grande cage. Il y reste parfois plusieurs jours, sans eau ni nourriture. Est-ce légal ?

24/05/2002

Ces grandes cages sont des cages à corvidés. Pour capturer certaines espèces considérées comme indésirables, les piégeurs utilisent des « appelants vivants » placés dans ces cages pour attirer (« appeler ») leurs congénères. Cette pratique est autorisée sur l’ensemble du territoire métropolitain, mais le piégeur qui utilise de tels appelants vivants doit respecter certaines règles.

Tout d’abord, seuls les corbeaux freux, corneilles noires et pies bavardes peuvent être utilisés comme appelants vivants, « non aveuglés et non mutilés » selon la législation, mais encore faut-il que l’espèce soit classée « nuisible » dans le département concerné. Le piégeur doit être agréé (sauf s’il agit dans le cadre d’une opération de lutte collective organisée par le groupement de défense contre les organismes nuisibles du département), et respecter les règles générales relatives au piégeage, à savoir notamment visiter son piège tous les matins, tenir un relevé quotidien de captures, déclarer son piège à la mairie.

Les pièges sont censés être sélectifs, mais la législation prévoit tout de même qu’en cas de capture accidentelle d’animaux non nuisibles, ceux-ci doivent être immédiatement relâchés.

De plus, l’appelant étant tenu en captivité, les règles relatives à la maltraitance animale s’appliquent. Il convient donc de s’assurer que les conditions de détention sont conformes aux impératifs biologiques de l’espèce concernée, et en particulier que de l’eau et éventuellement de la nourriture soient toujours disponibles.

Comment agir ? Si vous êtes témoin de mauvais traitements infligés à un appelant, si vous constatez qu’une espèce accidentellement capturée est restée enfermée plus de 24 heures, ou si vous êtes témoin de toute autre infraction, il convient de contacter le service départemental de l’ONCFS (Office National de la Chasse et la Faune Sauvage) habilité à verbaliser ces infractions. L’ASPAS pourra alors envisager de se constituer partie civile.