Comment des chasses à courre peuvent-elles régulièrement se terminer dans des jardins ou cours de maisons ?

09/11/2018

La chasse à courre, ou vénerie, consiste à poursuivre un animal avec une meute de chiens et des chasseurs appelés « veneurs » à pied ou à cheval. Lorsque l’animal est « aux abois », c’est-à-dire qu’il s’arrête, épuisé, encerclé par la meute de chiens, il est poignardé à mort.

Le droit définit l’acte de chasse comme « tout acte volontaire lié à la recherche, à la poursuite ou à l’attente du gibier ayant pour but ou pour résultat la capture ou la mort de celui-ci ». Bien que pratiquée sans arme à feu, la chasse à courre est donc bien un acte de chasse et ne peut s’exercer que sur des terrains chassables.

Cependant, le droit précise aussi qu’« achever un animal aux abois » ne constitue pas un acte de chasse !
Les veneurs considèrent qu’un animal épuisé leur appartient, et le droit confirme puisqu’ils gardent le droit de venir l’achever où qu’il se trouve : un terrain interdit à la chasse, une réserve naturelle ou un jardin. Pourtant, un animal qui n’est pas mortellement blessé mais seulement épuisé, n’est pas destiné à mourir ! Si on le laissait reprendre son souffle, il repartirait sans demander son reste.

Ils n’ont même pas obligation de demander au propriétaire son accord avant de pénétrer sur les lieux. En effet, l’infraction de violation de propriété n’existe pas, seule la « violation de domicile » est un délit. Cours ou jardins clos sont par extension des domiciles, mais les chasseurs mettent une telle pression sur les habitants traumatisés, qu’ils pensent être tenus de leur ouvrir portes et portails… Sans compter que les autorités ne manqueront pas d’invoquer une nécessité de sécurité publique, reportant la responsabilité de la situation sur le propriétaire.

Ce « droit de suite » est une aberration et vide de sens la notion de territoire de chasse. Si les veneurs sont incapables de maîtriser leurs chiens, si ce mode de chasse ne permet pas de respecter la propriété d’autrui, la sécurité des habitants, la sensibilité de chacun, sans parler de la souffrance de l’animal ainsi traqué, c’est que ce mode de chasse moyenâgeux doit être aboli !