Les oiseaux sauvages sont affaiblis en hiver. Malgré les difficultés liées aux conditions météorologiques, leur chasse reste-t-elle autorisée ?

03/03/2016

Rappelons que, si la chasse en temps de neige est interdite, le préfet peut autoriser l’exercice de la vénerie et la chasse de certaines espèces (gibier d’eau, sanglier, renard, cerf, chevreuil,…).

En cas de « gel prolongé » néfaste au gibier, le préfet peut limiter la chasse pour une durée maximum de 10 jours renouvelable¹. Mais il ne s’agit que d’une faculté et non d’une obligation pour le préfet. Or, les chasseurs savent faire pression pour empêcher une mesure contrariant leur loisir.

Litorne-038Pour guider les préfets dans leur décision, un protocole national « gel prolongé »² prévoit une veille des prévisions météo par l’ONCFS. Une procédure d’alerte comprenant la communication aux préfets des dernières données météorologiques et ornithologiques est ensuite déclenchée, mais seulement si les circonstances climatiques répondent à des conditions précisément définies. Or, celles-ci sont tellement extrêmes qu’elles empêchent toute application utile de ce protocole³.

Les préfets peuvent se référer à des initiatives volontaires locales organisant l’observation des oiseaux en hiver. Malheureusement, ils préfèrent travailler avec les chasseurs plutôt que de consulter les scientifiques ou les défenseurs de la nature.

De plus, la suspension de la chasse peut ne concerner que certaines espèces. Or, celles-ci seront inévitablement perturbées par les chasseurs venus abattre d’autres animaux qui ne bénéficient pas de cette relative protection. Enfin, les textes n’imposent pas aux préfets de prendre en compte les « zones refuges » que les oiseaux gagnent pour échapper au grand froid qui sévit ailleurs, mais où la chasse n’a pas été suspendue. C’est le cas de la bécasse des bois qui fuit l’arrivée des vagues de froid venues de l’est, et cherche refuge dans des régions occidentales épargnées par ces intempéries où les attendent les « bécassiers » tirant sans gloire des oiseaux souvent affaiblis par leur long voyage.

¹ Art. R. 424-3 du c. de l’env.  ² Circulaire du 8 mars 2013 – ³ Pendant une durée prévisible d’au moins 6-7 jours consécutifs : températures moyennes de 10°C en-dessous des normales saisonnières et minimales inférieures à -5°C et absence de dégel.