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Bavure de l'État : deux loups tués en Isère |
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08-09-2006 |
Deux loups, un mâle et une femelle, ont été abattus hier matin par des gardes assermentés dans la commune d'Allevard (Isère). C'est suite à l'arrêté pris par le préfet de l'Isère, le 22 août dernier, que la traque au loup avait débuté dans les communes de Pinsot, Allevard et la Chapelle du Bard, malgré les revendications de l'ASPAS et des protecteurs de la nature.
L'ASPAS avait alors immédiatement déposé un recours auprès du Tribunal Administratif de Grenoble pour demander la suspension de cet arrêté. Ce n'est qu'hier, en fin d'après-midi, que l'association a pris connaissance du rejet de sa demande. Or, à cette heure précise, deux loups étaient déjà morts.
Seulement, selon le Plan Loup 2006, toute traque doit être suspendue dès la destruction d'un individu. Or hier, deux loups ont été tués simultanément. De plus, d'après le suivi hivernal de l'ONCFS, l'effectif minimum résidant était de deux loups dans le massif de Belledonne. Aujourd'hui, il n'en reste donc plus aucun.
L'ASPAS examinera la suite à donner à cette "bavure" après avoir pris connaissance du compte-rendu détaillé de l'opération sur le terrain demandé auprès du Préfet.
C'est ce même Préfet, qui en prenant cet arrêté, a cédé aux pressions de Jean-Pierre Jouffrey. Rappelons que cet éleveur s'était vanté, en 2000, d'avoir tué un loup sans être nullement jugé. Une fois de plus, l'Etat, par ce tir doublé, le conforte dans sa position d'anti-loup primaire, alors même que l'ASPAS ne cesse de dénoncer, l'insuffisance des mesures de protection mises en place, eu égard à la taille "industrielle" de son troupeau : 3500 bêtes.
Pour les protéger, il n'a que deux chiens patous, quand en moyenne les éleveurs de la région en possèdent trois pour 600 bêtes. Comment deux chiens peuvent-ils surveiller 3500 bêtes qui s'éparpillent sur plus de 50 hectares pour pâturer ?
À l'heure de la Charte de l'environnement et des grands principes de protection avancés par notre gouvernement, peut-on, en 2006, considérer que l'éradication d'une espèce protégée soit la solution aux problèmes des éleveurs ? La France tient-elle réellement une cinquantaine de loups pour responsables du déclin de la filière ovine ? Il est vrai qu'il est plus aisé d'éradiquer quelques loups inutilement que de remettre en cause le système mondial du commerce...
Contact presse : Madline Reynaud - Directrice ASPAS
Tél. : 04 75 25 10 00 ou 06 79 44 61 17
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