Madame, Monsieur et chers amis des animaux,
À l’occasion de la fête intitulée « Fête de la forêt sauvage » au parc naturel de BOUTISSAINT le 15 août 2007, j’ai reçu de votre part et de celle de nombreux fidèles au monde animal des mails m’indiquant votre regret face à une partie des animations prévues lors de cette journée.
Je m’excuse de ne pas avoir répondu plus tôt aux messages reçus et de
le faire de manière groupée mais mon emploi du temps est extrêmement
dense : je pratique un emploi à plein temps à Paris et réserve mes
week-end et mes vacances à la gestion bénévole du parc de BOUTISSAINT.
Aussi, pourriez-vous adresser à vos adhérents cette lettre où j'espère
qu'ils trouveront les réponses à leurs inquiétudes.
Parmi les animations contestées, figurait principalement celle de la
présentation de l’ours Julia par Monsieur Frédéric Chesneau. Ce ne fut
pas au hasard si j’ai demandé à cette personne de venir à Boutissaint.
J’avais déjà eu l’occasion de découvrir Julia et son présentateur et
j’avais pu apprécier la sobriété de sa présentation et son
savoir-faire. Monsieur Chesneau ne pratique aucune violence corporelle
sur l’animal, aucune souffrance physique. Si l’ours JULIA refuse de
réaliser un exercice, il n’insiste pas et tente un autre mouvement.Il
n’exerce aucun signe de commandement, tout est dans l’incitation et
l’exemple, voire dans la récompense. Je pense que le succès de son
spectacle réside dans la subtilité de ses contacts avec Julia. La
coopération de Julia est totalement libre, harmonieuse et volontaire.
La réponse de l’ASPAS : Maintenir un
ours enfermé toute l’année dans une cage et l’exposer en spectacle sont
contraires à nos opinions. Les animaux sauvages ne devraient en aucun
cas être détenus et utilisés pour amuser ou épater le public. Nous
devons cesser de vouloir mettre la nature en cage afin de la rendre
accessible à tous.
Monsieur Chesneau pratique la présentation de son ours au public en
complet respect de la légalité (il a toutes les autorisations
nécessaires). La réglementation en vigueur lui impose la mise en place
de barrières de sécurité de 1,10 m de haut et une double clôture. La
présence d’une chaîne est due là aussi aux obligations légales. Le
bâton que Monsieur Chesneau tient à la main n’est pas là pour
représenter une menace (elle serait bien puérile… ) mais permet de
désigner les mouvements qui sont attendus de la part de Julia. Lors de
représentation d’autres dresseurs d’ours, l’animal est souvent maintenu
dans une muselière. Avec Julia, ce n’est pas le cas.
La relation qui semble unir le dresseur et son ourse est une relation
d’affection. Je vous indique d’ailleurs que Julia serait probablement
morte si Frédéric Chesneau ne l’avait pas recueillie. J’ai pu également
lors de la venue du couple vérifier les bonnes conditions de détention
et la moralité de son propriétaire, qui refuse de tourner des scènes
dégradantes pour l’animal. Monsieur Chesneau a écrit plusieurs livres
sur le thème « je parle aux animaux » et y a démontré son respect de
l’animal dans ses activités.
La réponse de l’ASPAS : Nous ne doutons
pas du respect de Monsieur Chesneau envers ses animaux. Mais le fait
que Monsieur Chesneau « ne pratique aucune violence corporelle sur
l’animal» est tout à fait normal. Heureusement qu’il ne lui inflige
aucune souffrance physique. Notre respect envers la nature n’est pas de
la même nature.
Il n’y a pas plus de contrainte entre Monsieur Chesneau et son ours
qu’entre un cavalier et son cheval. Ainsi, contrairement à ce que vous
craigniez, il n’y a pas d’exploitation, ni de souffrance ou de douleur.
Concernant les autres animations du parc telles que le déterrage, je
rassure vos adhérents : il ne s’agissait absolument pas de réaliser
réellement le déterrage d’animaux mais d’indiquer à quoi ce déterrage
sert et comment il est pratiqué. Beaucoup d’amateurs de cygnes, oies,
canards, et j’en fais parti, ont pu regretter de voir ces splendides
animaux emportés par des renards, fouines, martes... Ceux-ci se
développent excessivement dans certaines régions et ne trouvent pas de
prédateurs pour la régulation de l’espèce. Aussi, je pense qu’il peut
être utile ponctuellement de pratiquer un prélèvement sobre et réfléchi
de ces prédateurs. L’animateur venu à BOUTISSAINT s’est juste contenté
de montrer en quoi consistait le travail du chien lors d’une telle
opération.
La réponse de l’ASPAS : Ces pratiques
sont formellement critiquées par notre association et le simple fait
d’en expliquer la soi-disant « utilité » (que nous contestons
fermement) est contraire à nos idées. Car le renard, la martre, la
fouine, la belette, le putois et autres petits carnivores sont
essentiels à l’équilibre naturel. Et l’ASPAS réclame depuis plus de 20
ans leur déclassement de la liste noire des animaux dits « nuisibles ».
Enfin, nous avons présenté un spectacle de fauconnerie. Ce type
d’animation constitue pleinement le témoignage de libre et réciproque
utilité que constitue l’animal pour l’homme, et réciproquement.
L’oiseau est libre de ses mouvements, il n’est pas dressé, il
s’acclimate, sans devenir dépendant.
La réponse de l’ASPAS : Il est encore
possible aujourd’hui, en prenant un peu de temps, d’observer ces
rapaces chasser dans leur milieu naturel. Nul besoin de les garder
captifs pour cela, le public peut aller à leur rencontre en se
promenant et en levant les yeux au ciel.
Pour finir ma réponse à vos témoignages nombreux et passionnés, je vous
indique la raison de cette fête traditionnelle du 15 août : Boutissaint
est un parc ouvert au public depuis 1968. Une charte a été définie et
signée à l’occasion de la création de ce parc et impose certaines
règles de gestion, telles que le respect de l’animal, la mise à
disposition d’un vaste espace pour permettre les déambulations de nos
cerfs et daims, le maintien du caractère naturel de l’animal, c’est à
dire sans générer d’accoutumance à l’homme. Le visiteur désireux de
venir à BOUTISSAINT doit donc provoquer la rencontre avec ces grands
cervidés et marcher dans les bois à la recherche silencieuse et
attentive des habitants de nos forêts.
La réponse de l’ASPAS : Vous oubliez de
mentionner ici vos activités de chasse perpétuées depuis des années sur
le parc. Les journées de chasse organisées sont l’une de vos activités
les plus déplorables. Il y a d’autres moyens plus respectueux de gérer
les animaux de votre parc sans pour autant les offrir aux fusils des
chasseurs fortunés (car l‘activité est chère) et avides de trophées
faciles.
Or, la fréquentation annuelle du parc, de l’ordre de 20.000 personnes
payantes en dehors de la fête du 15 août, est insuffisante pour
permettre le maintien de notre activité. Effectivement, les charges
sont très lourdes, notamment en terme d’achat d’aliments pour les
animaux.
Aussi, si je veux continuer de survivre avec BOUTISSAINT, il m’est
impératif de réaliser une grande opération commerciale par an. C’est
vital pour nous.
Le programme de cette fête doit être en phase avec le thème du parc, à
savoir la forêt et les animaux. Autrement dit, il me faut trouver des
animations suffisamment intéressantes pour, non seulement intéresser le
public, mais pour lui faire préférer BOUTISSAINT aux autres attractions
touristiques de la région, et celles-ci sont extrêmement nombreuses
(chantier médiéval de Guédelon, château de Saint Fargeau, parc
aventure…).
Il me semblait que faire venir l’ours Julia répondait à plusieurs de
mes impératifs : attirer un large public, respecter le thème de la
fête, ne pas trahir mes engagements liés à la protection de la vie
animale car Julia est tout à fait respectée par Monsieur Chesneau et
communiquer au
public une pédagogie sage et documentée sur la vie animale.
A nouveaux, j’ai bien entendu vos nombreux regrets, mais je sais que
supprimer la fête de Boutissaint constituerait la mort de ce parc
naturel vieux de près de 40 ans. Pour information, Boutissaint
constitue le premier parc de vision français ! ! ! Alors que faire ?
Je serais tout à fait attentive et intéressé par des propositions que
me seront faites pour modifier le programme de cette journée, n’hésitez
pas à me faire des suggestions. Il pourrait même s’agir d’activités
organisées par votre association et propre à promouvoir l’amour et le
respect de la vie animale sauvage.
La réponse de l’ASPAS : La gestion de
votre parc n’est pas la préoccupation de l’ASPAS. Si vous souhaitez
cesser les activités de chasse dans votre parc et éviter dorénavant
toute fête dégradante pour les animaux, alors nous pourrons peut-être
reconsidérer vos activités et réfléchir avec vous à de nouvelles
perspectives respectueuses des animaux sauvages.
Avec mes remerciements pour votre attention à ma réponse, je vous présente mes salutations les meilleures.
Valérie GALABERT
Gérante
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