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Le parc du Boutissaint répond à notre action de protestation contre leur fête de la chasse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
04-09-2007

Madame, Monsieur et chers amis des animaux,

À l’occasion de la fête intitulée « Fête de la forêt sauvage » au parc naturel de BOUTISSAINT le 15 août 2007, j’ai reçu de votre part et de celle de nombreux fidèles au monde animal des mails m’indiquant votre regret face à une partie des animations prévues lors de cette journée.
Je m’excuse de ne pas avoir répondu plus tôt aux messages reçus et de le faire de manière groupée mais mon emploi du temps est extrêmement dense : je pratique un emploi à plein temps à Paris et réserve mes week-end et mes vacances à la gestion bénévole du parc de BOUTISSAINT. Aussi, pourriez-vous adresser à vos adhérents cette lettre où j'espère qu'ils trouveront les réponses à leurs inquiétudes.

Parmi les animations contestées, figurait principalement celle de la présentation de l’ours Julia par Monsieur Frédéric Chesneau. Ce ne fut pas au hasard si j’ai demandé à cette personne de venir à Boutissaint. J’avais déjà eu l’occasion de découvrir Julia et son présentateur et j’avais pu apprécier la sobriété de sa présentation et son savoir-faire. Monsieur Chesneau ne pratique aucune violence corporelle sur l’animal, aucune souffrance physique. Si l’ours JULIA refuse de réaliser un exercice, il n’insiste pas et tente un autre mouvement.Il n’exerce aucun signe de commandement, tout est dans l’incitation et l’exemple, voire dans la récompense. Je pense que le succès de son spectacle réside dans la subtilité de ses contacts avec Julia. La coopération de Julia est totalement libre, harmonieuse et volontaire.
La réponse de l’ASPAS : Maintenir un ours enfermé toute l’année dans une cage et l’exposer en spectacle sont contraires à nos opinions. Les animaux sauvages ne devraient en aucun cas être détenus et utilisés pour amuser ou épater le public. Nous devons cesser de vouloir mettre la nature en cage afin de la rendre accessible à tous.


Monsieur Chesneau pratique la présentation de son ours au public en complet respect de la légalité (il a toutes les autorisations nécessaires). La réglementation en vigueur lui impose la mise en place de barrières de sécurité de 1,10 m de haut et une double clôture. La présence d’une chaîne est due là aussi aux obligations légales. Le bâton que Monsieur Chesneau tient à la main n’est pas là pour représenter une menace (elle serait bien puérile… ) mais permet de désigner les mouvements qui sont attendus de la part de Julia. Lors de représentation d’autres dresseurs d’ours, l’animal est souvent maintenu dans une muselière. Avec Julia, ce n’est pas le cas.
La relation qui semble unir le dresseur et son ourse est une relation d’affection. Je vous indique d’ailleurs que Julia serait probablement morte si Frédéric Chesneau ne l’avait pas recueillie. J’ai pu également lors de la venue du couple vérifier les bonnes conditions de détention et la moralité de son propriétaire, qui refuse de tourner des scènes dégradantes pour l’animal. Monsieur Chesneau a écrit plusieurs livres sur le thème « je parle aux animaux » et y a démontré son respect de l’animal dans ses activités.
La réponse de l’ASPAS : Nous ne doutons pas du respect de Monsieur Chesneau envers ses animaux. Mais le fait que Monsieur Chesneau « ne pratique aucune violence corporelle sur l’animal» est tout à fait normal. Heureusement qu’il ne lui inflige aucune souffrance physique. Notre respect envers la nature n’est pas de la même nature.

Il n’y a pas plus de contrainte entre Monsieur Chesneau et son ours qu’entre un cavalier et son cheval. Ainsi, contrairement à ce que vous craigniez, il n’y a pas d’exploitation, ni de souffrance ou de douleur.

Concernant les autres animations du parc telles que le déterrage, je rassure vos adhérents : il ne s’agissait absolument pas de réaliser réellement le déterrage d’animaux mais d’indiquer à quoi ce déterrage sert et comment il est pratiqué. Beaucoup d’amateurs de cygnes, oies, canards, et j’en fais parti, ont pu regretter de voir ces splendides animaux emportés par des renards, fouines, martes... Ceux-ci se développent excessivement dans certaines régions et ne trouvent pas de prédateurs pour la régulation de l’espèce. Aussi, je pense qu’il peut être utile ponctuellement de pratiquer un prélèvement sobre et réfléchi de ces prédateurs. L’animateur venu à BOUTISSAINT s’est juste contenté de montrer en quoi consistait le travail du chien lors d’une telle opération.
La réponse de l’ASPAS : Ces pratiques sont formellement critiquées par notre association et le simple fait d’en expliquer la soi-disant « utilité » (que nous contestons fermement) est contraire à nos idées. Car le renard, la martre, la fouine, la belette, le putois et autres petits carnivores sont essentiels à l’équilibre naturel. Et l’ASPAS réclame depuis plus de 20 ans leur déclassement de la liste noire des animaux dits « nuisibles ».

Enfin, nous avons présenté un spectacle de fauconnerie. Ce type d’animation constitue pleinement le témoignage de libre et réciproque utilité que constitue l’animal pour l’homme, et réciproquement. L’oiseau est libre de ses mouvements, il n’est pas dressé, il s’acclimate, sans devenir dépendant.
La réponse de l’ASPAS : Il est encore possible aujourd’hui, en prenant un peu de temps, d’observer ces rapaces chasser dans leur milieu naturel. Nul besoin de les garder captifs pour cela, le public peut aller à leur rencontre en se promenant et en levant les yeux au ciel.

Pour finir ma réponse à vos témoignages nombreux et passionnés, je vous indique la raison de cette fête traditionnelle du 15 août : Boutissaint est un parc ouvert au public depuis 1968. Une charte a été définie et signée à l’occasion de la création de ce parc et impose certaines règles de gestion, telles que le respect de l’animal, la mise à disposition d’un vaste espace pour permettre les déambulations de nos cerfs et daims, le maintien du caractère naturel de l’animal, c’est à dire sans générer d’accoutumance à l’homme. Le visiteur désireux de venir à BOUTISSAINT doit donc provoquer la rencontre avec ces grands cervidés et marcher dans les bois à la recherche silencieuse et attentive des habitants de nos forêts.
La réponse de l’ASPAS : Vous oubliez de mentionner ici vos activités de chasse perpétuées depuis des années sur le parc. Les journées de chasse organisées sont l’une de vos activités les plus déplorables. Il y a d’autres moyens plus respectueux de gérer les animaux de votre parc sans pour autant les offrir aux fusils des chasseurs fortunés (car l‘activité est chère) et avides de trophées faciles.

Or, la fréquentation annuelle du parc, de l’ordre de 20.000 personnes payantes en dehors de la fête du 15 août, est insuffisante pour permettre le maintien de notre activité. Effectivement, les charges sont très lourdes, notamment en terme d’achat d’aliments pour les animaux.
Aussi, si je veux continuer de survivre avec BOUTISSAINT, il m’est impératif de réaliser une grande opération commerciale par an. C’est vital pour nous.
Le programme de cette fête doit être en phase avec le thème du parc, à savoir la forêt et les animaux. Autrement dit, il me faut trouver des animations suffisamment intéressantes pour, non seulement intéresser le public, mais pour lui faire préférer BOUTISSAINT aux autres attractions touristiques de la région, et celles-ci sont extrêmement nombreuses (chantier médiéval de Guédelon, château de Saint Fargeau, parc aventure…).

Il me semblait que faire venir l’ours Julia répondait à plusieurs de mes impératifs : attirer un large public, respecter le thème de la fête, ne pas trahir mes engagements liés à la protection de la vie animale car Julia est tout à fait respectée par Monsieur Chesneau et communiquer au
public une pédagogie sage et documentée sur la vie animale.

A nouveaux, j’ai bien entendu vos nombreux regrets, mais je sais que supprimer la fête de Boutissaint constituerait la mort de ce parc naturel vieux de près de 40 ans. Pour information, Boutissaint constitue le premier parc de vision français ! ! ! Alors que faire ?
Je serais tout à fait attentive et intéressé par des propositions que me seront faites pour modifier le programme de cette journée, n’hésitez pas à me faire des suggestions. Il pourrait même s’agir d’activités organisées par votre association et propre à promouvoir l’amour et le respect de la vie animale sauvage.
La réponse de l’ASPAS : La gestion de votre parc n’est pas la préoccupation de l’ASPAS. Si vous souhaitez cesser les activités de chasse dans votre parc et éviter dorénavant toute fête dégradante pour les animaux, alors nous pourrons peut-être reconsidérer vos activités et réfléchir avec vous à de nouvelles perspectives respectueuses des animaux sauvages.


Avec mes remerciements pour votre attention à ma réponse, je vous présente mes salutations les meilleures.

Valérie GALABERT
Gérante
 
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