Délinquance : le préfet anti-loup retire ses arrêtés illégaux

Capture d’écran 2014-07-11 à 16.54.27Pas fier, le préfet des Hautes-Alpes, après sa tartarinesque battue aux loups (espèce protégée) en plein cœur du Parc national des Écrins (espace protégé), qui n’a rien donné. L’ASPAS et la LPO PACA l’attaquent. Monsieur Besnard retire alors discrètement son arrêté d’autorisation de tir, qu’il savait illégal…

Hier matin 10 juillet à 5 heures,  une battue « d’effarouchement des loups » totalement illégale s’est déroulée dans la zone cœur du Parc, où avait eu lieu une attaque de troupeau par des canidés : la réglementation interdit toute perturbation de la faune sauvage.

Aucun tir n’étant permis dans cette zone, une quinzaine de tireurs attendaient les animaux en périphérie afin de contourner l’interdiction et terminer le travail. Opération aussi tapageuse qu’inutile : aucun loup ne s’y est laissé prendre. Aucune attaque de troupeau n’ayant eu lieu en périphérie, cette battue était donc injustifiée et tout aussi illégale que l’effarouchement.

loup-C.Joulot

Cette manœuvre a été rendue possible par un arrêté de Pierre Besnard, préfet des Hautes-Alpes, avec la complicité de Bertrand Galtier, directeur du Parc national des Écrins, aidé d’une partie de ses agents. Rappelons qu’un préfet est censé représenter la loi, un directeur de Parc protéger notre patrimoine naturel. Les espaces sauvages réellement protégés représentent moins de 1 % du territoire français, mais c’est encore trop : ce sont les troupeaux, largement subventionnées par les contribuables, qui sont prioritaires sur notre nature, envers et contre tous.

L’ASPAS et la LPO PACA ont donc attaqué en urgence cette autorisation de tir, sans pouvoir fournir à la justice le texte en question. Et pour cause : hier soir, la préfecture a pudiquement refusé de communiquer son propre arrêté ordonnant l’opération de « prélèvement ». Celui-ci vient juste d’être publié en ligne… accompagné d’un autre qui l’abroge ! En effet, le préfet est parfaitement conscient de l’illégalité de ses décisions.

À force de craindre la colère d’une poignée d’éleveurs locaux, qui ne jouent pas le jeu de la cohabitation, les élus et leur administration vont finir par affronter celle des millions de citoyens et de vacanciers demandeurs de nature. De leur côté aussi, la révolte gronde…