Réhabilitation des « nuisibles »

Renard (© Franco Limosani)Chaque année, en France, des millions d’animaux sauvages sont tués, tirés, piégés, empoisonnés … Considérés comme « nuisibles », ils sont inscrits sur une liste noire autorisant leur destruction systématique. C’est ainsi que renards, fouines, corneilles, pies, martres, belettes… sont persécutés toute l’année en toute légalité ! La notion administrative de « nuisibles », qui ne signifie rien pour les biologistes, autorise une régulation drastique de ces animaux, toute l’année et sans qu’aucun quota ne soit précisé.

Si les dégâts faits aux cultures et aux récoltes peuvent être invoqués dans certains cas, les chasseurs sont dans leur grande majorité à l’origine de ce classement dans chaque département. Ces animaux sont officiellement accusés de commettre des dégâts sur les activités agricoles, d’élevage ou sur la faune et la flore sauvages. Mais en réalité on reproche aux « nuisibles » d’exercer une prédation sur le gibier d’élevage destiné aux chasseurs, animaux inadaptés à la vie sauvage (faisans, perdrix, lapereaux…)

Le classement  «nuisibles» de certaines espèces animales a de graves conséquences, sur les populations de ces espèces, mais aussi sur leur milieu. D’innombrables données scientifiques ont clairement établi l’utilité des prédateurs naturels quant à leur environnement car ils sont des éléments essentiels à l’équilibre d’un milieu, en régulant notamment les populations de divers rongeurs.

Parmi la longue liste des animaux soi-disant « nuisibles », on retrouve 12 espèces de mammifères dont la belette, le lapin de garenne, la martre, le putois, le sanglier et le renard, auxquels il faut ajouter 6 espèces d’oiseaux : corbeau freux, corneille noire, étourneau sansonnet, geai des chênes, pie bavarde et pigeon ramier.

L’arrêté du 30 décembre 1988 fixe la liste des animaux « susceptibles d’être classés nuisibles » sur avis du Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage, consortium composé par souci démocratique (!), d’une majorité de chasseurs. C’est en fonction de cette liste nationale que chaque Préfet choisit, chaque année, les espèces qu’il livrera à la merci des gourdins et fusils de son département.

L’ASPAS en action

Luttant depuis plus de 25 ans pour la réhabilitation des soi-disant « nuisibles », l’ASPAS :

✓ attaque en justice les arrêtés préfectoraux de « nuisibles » pour faire déclasser certaines espèces notamment les petits prédateurs. Depuis 1993, les actions juridiques de l’ASPAS ont permis de sauver 500 000 animaux « nuisibles ».
✓ sensibilise l’opinion publique à l’utilité de chaque espèce animale et à l’aberration qu’est le classement « nuisibles » à travers ses brochures, ses communiqués de presse et son magazine Goupil.

Agissez !

Témoigner votre indignation auprès de l’ASPAS
L’ASPAS souhaite désormais faire pression sur les préfectures pour qu’elles cessent de reprendre inlassablement les mêmes arrêtés illégaux d’une année sur l’autre. Après de nombreuses discussions sans résultat, l’ASPAS demande aujourd’hui réparation financière auprès des préfectures ayant classé des animaux, par la suite déclassés par les tribunaux.
Pour appuyer nos demandes de réparation,
 nous devons justifier d’un préjudice moral. Pour ce faire, nous avons besoin de votre soutien.
Il est important que chacun d’entre vous nous fasse parvenir une lettre expliquant en quoi le fait que des espèces reconnues a postériori « non-nuisibles » par un jugement sont tout de même illégalement détruite, vous choque.

bouton-petitionsTéléchargez et signez la version papier :  Pétition  Réhabilitons les » nuisibles » 

 

Cliquez sur les vignettes pour agrandir les images