Tirs de loup : définitions et gradation

Le loup est une espèce strictement protégée en France en application de la Directive européenne du 21 mai 1992 n°92/43/CEE dite « Habitats ». Cependant, les dispositions de l’article 16 de cette Directive sont utilisées par l’Etat français pour déroger à cette protection stricte et autoriser l’abattage de loups.

En théorie ces dérogations ne sont possibles qu’à la triple condition :

  • de l’existence de dommages importants, à l’élevage notamment ;
  • de l’absence d’autre solution satisfaisante ;
  • du maintien, dans un état de conservation favorable, des populations de l’espèce dans son aire de répartition naturelle.

loupcpMais bien souvent, ces arrêtés sont illégaux et sanctionnés par la justice française à notre demande.

Ces dérogations sont encadrées par l’arrêté interministériel (Écologie, Agriculture) du 30 juin 2015 qui établit un protocole permettant aux préfets d’ordonner des tirs de loups. (voir ici)

Chaque saison (1er juillet – 30 juin), un « plafond » de loups pouvant être abattus est fixé. Pour 2016-2017, ce plafond est fixé à 36 par l’arrêté ministériel du 5/07/16. (voir ici)

Le protocole permet aux préfets d’ordonner :

– des opérations d’effarouchement non létales : effarouchement sonore ou visuel, tirs avec des munitions non létales. Les chiens de protection sont également considérés comme des moyens d’effarouchement.

– des « tirs de défense » : réalisés avec des armes létales par un tireur autour d’un troupeau sur des loups théoriquement en situation d’attaque.

– des « tirs de défense renforcée » : où 10 tireurs peuvent être déployés simultanément autour du troupeau.

– des « tirs de prélèvement » : non destinés à protéger un troupeau précis, mais autorisant la destruction, sur une zone définie, d’un ou plusieurs loups. Valables 1 mois, ils peuvent être mis en œuvre par les lieutenants de louvèterie, des chasseurs sous contrôle théorique de l’ONCFS.

– des « tirs de prélèvement renforcé » : pouvant être autorisés même en l’absence de troupeau dans la zone, être mis en œuvre pendant 6 mois, et être réalisés directement par les chasseurs à l’occasion de leurs chasses au grand gibier en battue ou à l’affut/approche.

Pour toutes ces opérations, le préfet peut faire appel à la brigade « anti-loup » de l’ONCFS créée à cet effet, spécialisée dans le tir de loups… Créée à l’été 2015, elle compte déjà à son actif l’abattage d’une dizaine de loups !